J'avais 5 ans quand mes parents m'ont mis sur un vélo. Il y avait des roulettes qui m'ont permis d'avancer sans tomber, le temps de trouver le bon "coup de pédale", après quoi elles furent
démontées et rangées. (à cette époque, on n'avait pas le réflexe "bon coin" et on conservait tout, même ce qui était devenu inutile). Depuis, j'ai utilisé quelques dizaines de bicyclettes, en
acier, en alu, en carbone, des VTT, un tandem, avec garde-boue, sans garde-boue, avec et sans éclairage, pour aller à l'école, pour faire la course, pour voyager. Toutes étaient équipées d'un
accessoire de forme grossièrement triangulaire sur quoi il fallait s'asseoir, c'était comme ça.
J'en ai usé des cuissards et lustré des selles. En cuir, en plastique, légères, dures ou confortables (nous allons voir que ce terme est tout relatif ) Et à chaque début de saison, reprendre
le vélo, au mois de mars, se résumait à "faire des heures de selle", la performance recherchée ne venait que vers le mois de juin, après s'être tanné les fesses sur le cuir, le coup de
pédale en même temps "s'arrondissait", et permettait de parcourir des distances assez longues à une bonne moyenne, sans trop souffrir... mais en souffrant quand même. Le vélo a la
réputation d'être un sport "dur", un vrai cycliste doit savoir se faire mal. Souffrir sur un vélo, quoi de plus banal ? De gros progrès ont été faits, nos routes sont devenues
lisses, les selles souples, les cuissards épais, les pneumatiques confortables. Aujourd'hui, plus personne ne voudrait investir plusieurs milliers d'euros dans une machine à souffrir, et
chacun reste maître de son bien être, choisir de laisser s'éloigner les meilleurs dans un col trop long, trop pentu, ou gravi trop rapidement. L'idéal serait d'imaginer une machine qui permette,
à performances analogues, de boucler un parcours de 3 ou 400 km et d'annoncer " c'est bizarre, j'ai mal nulle part." Mais cette machine existe. Elle n'est pas nouvelle, déjà, en France
dans les années 30, une machine appelée "véloriz" permettait à un illustre inconnu de pulvériser le record de l'heure. Aussitôt, quelques exemplaires furent fabriqués et vendus, puis la mode
passa, on ignore pourquoi. (une petite explication, peut-être: vues les performances incroyables de ce vélo, il fut interdit en compétition. Dommage!)
Nombreux sont ceux qui croient que le vélo couché nous vient des Etats Unis, non, simplement aujourd'hui, un vélo sur deux vendu dans ce pays est un "bent". Aucune firme française n'en fabrique,
à part depuis peu le breton
"Zockra" qui distille ses bijoux au compte-gouttes, de petites merveilles, telles le "Kouing amann" qui a la particularité d'être à "traction directe" ( roue libre sur roue avant, chaîne
courte, pédalier qui accompagne la direction, spécial à conduire !)
Il y a exactement un an ( février 2011) j'ai trouvé un vélo couché américain de marque Barcroft,
modèle Virginia Titanium et je prends beaucoup de plaisir sur cet engin.
J'ai ainsi parcouru la saison dernière 4500 km couché, autant en tandem avec Martine et à peine 400 km sur mon vélo "droit" classique.
Mon enthousiasme est tel que Martine vient d'acquérir un vélo couché de marque Performer, modèle "Agenda" qui attend le début de saison et ses premières sorties avec beaucoup d'impatience.
D'autres nouveaux adeptes ne devraient pas tarder à se déclarer et il se pourrait qu'au printemps un peloton de 4 vélos couchés explore les berges du Lac du Bourget et bien plus encore...
Le 11 mars 2012, à l'initiative de Poppy, 17 bentriders ont accompagné les cyclos de Grésy pour leur 1ère sortie officielle: voir la
Bande Annonce
Commentaires