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Texte Libre

" On n'a que l'bon temps qu'on s'donne "

signé : Mémère Roberte (1909-1999)

Cette devise était celle de ma Maman, que ses 6 petits enfants appelaient Mémère Roberte. Aujourd'hui cette maxime est inscrite en lettres blanches sur fond rouge, non sur la cheminée, mais sur le cadre de notre tandem...

Avant de lire cet épisode, assurez-vous bien d'avoir lu les 1er épisode, 2ème épisode , 3ème épisode et le résumé
Mercredi 23 mai, première journée sans vélo : visite de Vienne.
Après 9 jours et demi de pédalage, 1000 km parcourus, nous apprécions de jouer un peu les touristes et nous nous fondons volontiers à la foule des japonais armés de leur audioguide pour visiter le château de Schönbrunn, résidence d'été des Habsbourg. A peine entrés dans le palais, nous ressortons de l'autre côté pour suivre Brigitte qui vient de se faire happer par les notes alléchantes de l'orchestre philarmonique de Vienne  dirigé par le grand Valéry Gergiev, et qui répète en vue du concert pour l'Europe, donné demain ici même.
Nous avons du faire preuve d'autorité pour la sortir de son extase et commencer la visite à l'heure prévue. Nous vérifions les informations glanées dans les livres en déambulant de pièce en pièce.

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Tout est vrai ! Marie-Thérèse a bien eu 16 enfants,  5 garçons et 11 filles, dont Marie-Antoinette que les révolutionnaires français n'ont pas épargnée, les appartements de Sissi et Franz, la chambre du roi de Rome, l'Aiglon...Ainsi, cela n'était pas que littérature. Une cinquantaine de pièces plus tard, nous dégustons une glace au café de la Gloriette (le petit bar au fond du jardin.) après quoi une patissière chef fabriquera devant nous un énorme apfelstrudel... P5230293.JPG


Le repas du midi est pris au café Hawelka, suivi d' une promenade dans les parcs et à la Hofburg,mais pas de visite possible, Vladimir Poutine étant en visite officielle, comme le confirment les hélico qui tournent dans le ciel viennois toute la journée. P5230353.JPG
Après avoir admiré les principaux monuments et statues de la ville, nous passons un agréable moment au "café central" où règne une ambiance très particulière. P5230470.JPG
Ce café fut fréquenté par Monsieur Bronstein, alias Trotski et de nombreuses personnalités dont le poète Peter Altenberg, ce dernier , remplacé par son mannequin en bois, est  installé pour longtemps à sa place habituelle. Nous repassons à l'hôtel pour nous changer et filons en métro au Konzerthaus, Brigitte nous a pris des billets pour les soeurs Labèque. Ces deux soeurs, virtuoses du piano, interprètent Poulenc. C'est très beau, malheureusement, ces morceaux de bonheur sont un peu gâchés par d'interminables dialogues entre une immonde marionnette et son maître qui sont censés raconter l'histoire de Poulenc et des soeurs Labèque...Mais la musique et la salle étant sublimes, nous en garderons un bon souvenir.  P5230503.JPG
Fin du concert : direction le quartier de Grünzing, où nous dégotons un "heurige"pour terminer la soirée. Repas typique avec violon et accordéon.


Jeudi 24 mai : 12 ème jour, Wien-Bratislava 86 km
Martine réédite son coup de Abwinden en réveillant tout le monde à 6h 20, mais aujourd'hui, ça ne compte pas, c'est trop facile, on dort tous dans la même chambre ! La journée commence par un trajet en métro...avec les sacoches. Il faut récupérer les tandems au cyber-café. A 9 H30 Luigi et Mémère Roberte sortent de leur antre après 1 jour et 2 nuits sans bouger...La fougue qui les anime nous emporte dans une mauvaise direction, c'est malin, nous devons faire demi-tour après 8 km sur la rive droite qui ne mène nulle-part. Nous traversons le fameux "prater", immense parc public, en empruntant la Hauptallee, belle avenue bordée de chataîgners sur 5 km. 

Nous longeons l'île Lobau, où l' Archiduc Charles( photo ci-dessous) 

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infligea à Napoléon, en 1809,  les revers  d' Aspern et Essling, avant la victoire de Wagram. C'est paraît-il à la suite de cette retraite que l'on a entendu parler pour la première fois, du Danube bleu. Des centaines de soldats de la Grande Armée en uniforme bleu, se débattaient dans les eaux du fleuve : les autrichiens criaient "le Danube est bleu". Cette page d' histoire est définitivement tournée, le site est aujourd'hui occupé par les naturistes qui, devant traverser la radweg pour se rendre aux toilettes, s'exposent au regard étonné des cyclistes...
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Après Schönau, la radweg est une ligne droite, rigoureusement droite, de 20 kilomètres  jusque Hainbourg, haut-lieu de la lutte contre les Turcs. En fin d'après-midi, nous entrons dans Bratislava où nous attend un appartement entièrement refait à neuf. Le propriétaire tient l'épicerie juste à côté. Nous faisons nos courses et dînons à l'appartement.
Demain pas de vélo.

Vendredi 25 mai : Bratislava

Une vieille dame à qui nous demandons quel tram prendre pour nous rendre dans le centre, nous invite à la suivre ( dans le tram)...Du coup, on n'a pas pris de billet. P5250626.jpg
En 10 mn, nous voilà dans le centre historique de Bratislava. Visite de la cathédrale St Martin, aux sculptures bizarres représentant des animaux : chat, rat, singe... P5250710.JPG
Visite  rapide du palais primatial où a été signée la pa P5250593.JPG ix de Presbourg, en décembre 1805, après la bataille d'Austerlitz. P5250658.JPG Au hasard des rues, on peut découvrir des canons de cette campagne P5250733.JPG et des statues dont une représente un soldat français coiffé du fameux chapeau de Napoléon. Assises sur le banc, ces 2 jeunes slovaques aux jambes interminables, sont des clones de la célèbre Adriana Karambeu, qui passerait totalement inaperçue chez elle à Bratislava. P5250763-copie-1.JPG P5250752.JPG Après le repas, pris dans un des restaurants nombreux et pas chers, nous tentons la visite du château mais une délégation du parlement européen occupe les lieux, nous courons jusqu'à l'église franciscaine pour un concert "orgue et hautbois". Le soir, resto typique dans une cave voûtée, au frais...Spécialités du pays. Très bon. Pour rentrer, promenade digestive le long du Danube jusqu'à P5250782.JPG l'appartement.  
Demain nous entrerons en Hongrie. Vous pourrez voyager avec nous en lisant le 5ème et dernier épisode de " 2 tandems pour Budapest"

Enfin l'Autriche...Dans cet épisode, vous vivrez avec nous la partie autrichienne, entre Passau et Vienne. Vous devrez avoir lu le 1er épisode, le 2ème épisode et le résumé du voyage

 Dimanche 20 mai, 8ème jour de voyage : de Passau à Abwinden 117 km

Nous empruntons la rive gauche jusque Schlögen, le temps de nous habituer aux nouvelles pancartes qui balisent la "radweg"autrichienne, puis gagnons l'autre rive par le bac pour admirer le fameux méandre du haut de la colline. Environ 2 km à 15% puis 1 km en forêt dont 500 mètres impraticables. Nous abandonnons les tandems à quelques dizaines de mètres du point de vue. Les difficultés de l'ascension sont récompensées par cette vue incroyable qui nous laisse sans voix. Ici le fleuve effectue un véritable 180° pour contourner la colline de Schlögen, offrant un spectacle saisissant.

Nous continuons ensuite sur la rive droite en direction de Linz. Aujourd'hui dimanche, la radweg est très fréquentée par des familles entières de cyclistes qui occupent toute la largeur de la voie, nous devons jouer de la sonnette pour nous frayer un passage. Vers midi, nous nous arrêtons pour nous restaurer dans un des nombreux cafés au bord de l'eau...Saucisses, bière. Puis nous reprenons la route vers Linz où nous arrivons vers 16 heures, emmenant dans notre sillage un Vététiste autrichien,  tout heureux d' arriver à Linz plus tôt que prévu... Visite rapide de la ville, la place, une église baroque, une pause bière dans un  "biergarten" ombragé. Nous quittons Linz par la rive gauche, étonnés de traverser un immense parc où fument déjà des centaines de barbecue. Comme il fait beau, des milliers de gens  sont rassemblés ici pour le pique-nique du dimanche soir, l'ambiance est à la fête, et nous , nous luttons contre le vent pour couvrir les 20 km qui nous séparent d' Abwinden où nous attend Stefanie Resanka.  Nous dînons dans le kiosque au milieu du jardin et passons une bonne soirée avec nos hôtes à discuter un peu en allemand, mais surtout en anglais. Stefanie nous demande si nous avons remarqué sa pub dans le guide "Donauradweg N°2" Frühstück bei Stefanie" clin d'oeil au film américain "frühstück bei tiffany" avec Audrey Hepburn...Sa déception est grande quand on lui avoue que non...

Lundi 21 mai  9ème jour du voyage : de Abwinden à Emmersdorf ( en face de Melk) 112 km

Après une bonne nuit et un réveil en avance d'une heure ( Martine sonne le clairon à 6 heures en criant :" il est 7 heures !!!) nous apprécions le "frühstück de Stefanie". Départ vers 9 heures en direction de St Florian, traversée du fleuve sur un barrage hydroélectrique et découverte d'un panneau inconnu en France : un cycliste marchant à côté de son vélo. p5210020-2.jpg L'abbaye de St Florian est magnifique, la perspective est harmonieuse sous tous les angles et l'intérieur baroque rivalise avec le monastère de Weltenburg. Anton Bruckner repose dans la crypte creusée juste sous l'orgue sur lequel il jouait.

Après St Florian, nous passons un moment sur la belle place d'Enns, la plus ancienne ville d'Autriche. Quelques cafouillages pour quitter Enns, et nous continuons sur la rive droite. Nous parcourons presque 20 km sans voir "notre fleuve" sur une belle route déserte et sinueuse mais toujours très bien balisée. Nous retrouvons le Danube  juste avant "Walsee" petit port de plaisance sympathique, à l'heure du déjeûner. Mais la pancarte indiquant le centre historique nous entraîne sur les hauteurs, nul besoin de tendre l'oreille pour entendre Brigitte confier à son pilote que " c'est pas une bonne idée ". Sur la place, un petit restau où sont déjà installés d'autres cyclistes, propose wurst au fromage et cidre de poire (le fameux "most") A 13 heures pile, les marteaux piqueurs nous chassent de la terrasse, nous terminons notre repas à l'intérieur. Puis après une nouvelle infidélité au Danube, nous le retrouvons 15 kilomètres plus loin pour le traverser à Tiefenbach, et retrouver la rive gauche à Grein : dans ce bourg se trouve le plus petit théâtre du monde, de style roccoco et qui mérite une visite. Des troupes d'artistes amateurs et professionnels s'y produisent depuis 1791. Les 50 derniers kilomètres de cette étape sont parcourus à un train très soutenu : nous apercevons l'Abbaye de Melk sur son promontoire à plus de 10 km. Nous fonçons droit vers elle, comme aimantés, à tel point que nous oublions de tourner pour rejoindre Emmersdorf. Nous nous sommes avancés au beau milieu d'une presqu'île. Heureusement, un cycliste autrichien nous voyant hésiter et devinant notre embarras, nous indique un chemin de terre sur la gauche en criant : "Emmersdorf !" ,  nous évitant ainsi un détour de 8 kilomètres. Cinq minutes plus tard, nous sirotons une bière sur la terrasse de la famille Franck, face à l'Abbaye de Melk...

 

 

 

Le soir nous descendons à pied dîner au "Heurige" à 200 mètres. Bon repas arrosé de Riesling de la wachau. Avant d'aller dormir, de notre balcon, nous contemplons longuement l'abbaye illuminée.

Mardi 22 mai  10ème jour du voyage : de Melk à Vienne 140 km

L'idée de quitter Emmersdorf sans visiter Melk nous contrarie un peu, alors nous prenons en sens inverse le raccourci indiqué hier et nous voilà bientôt devant l'Abbaye ! Depuis plus de mille ans, cette abbaye, construction baroque ( 1702-1736)  est un centre culturel et spirituel en Autriche, d'abord comme château fort de la famille Babenberg et, depuis 1089, comme abbaye bénédictine fondée par le margrave Léopold II. Nous ne nous attardons pas trop car Vienne est encore loin. La route de la Wachau serpente au milieu des vignes et traverse les beaux villages de  Spitz, Weissenkirchen, Dürnstein. C'est dans ce bourg que Richard "Coeur de Lion" ( Richard Löwenherz ) fut emprisonné à son retour de croisade et localisé par ses amis grâce à un chant traditionnel anglais.

 

Quelques photos du célèbre clocher bleu, et direction Krems : nous passons devant le musée de la caricature, franchissons la porte de ville et remontons à pied la rue principale, pas vraiment emballant, nous déjêunons en terrasse ( saucisses ) et reprenons la route vers Tulln, où nous photographions l'oeuvre de Michael Nogin, monument représentant la rencontre entre le roi des huns Etzel  et Krimhilde la burgonde, héros du chant des Nibelungen.

 

 

 

 

 

 

 

 

Juste à côté et du même artiste, une statue équestre de l'empereur romain Marc-Aurel intéresse particulièrement Philippe. Vienne n'est plus qu'à quelques kilomètres, je dispose le lecteur MP3 ainsi que les hauts parleurs de notre mini chaîne dans chacune de mes poches arrière de maillot, j'envoie les valses de strauss, et nous nous préparons à faire notre entrée dans la capitale autrichienne. J'ai réglé le volume au maximum mais il y a une telle circulation qu'on n'entend rien. Nous nous retrouvons bientôt au milieu d'un flot de voitures, camions et motos. Notre entrée dans Vienne au son des violons est ratée...Nous déplions le plan de la ville et ne comprenons pas comment on a fait pour perdre la piste cyclable : elle passe sous la route où l'on se trouve. Maintenant il va falloir ruser pour la retrouver et descendre les tandems le long du rail spécialement installé à cet effet.  Près d'une heure pour rejoindre le "Ring" où nous sautons de théâtre en palais, de museum en Burggarten, le catalogue des monuments de Vienne est là sous nos yeux, ça promet pour demain. L'heure tourne, le ciel est noir, il va pleuvoir et nous cherchons toujours la Favoriten Strasse où nous avons réservé. Vers 19 heures, sous la pluie,  nous arrivons enfin devant l'immeuble Paula Hof, mais personne ne répond au coup de sonnette, le téléphone est sur répondeur. Que faire ? La pluie a cessé. J'entre dans la boutique qui fait l'angle pour demander de l'aide : ce commerçant va nous tirer d'affaire. N'ayant pas réussi à joindre notre loueur, il nous propose de garder nos tandems, et choisit le joker "coup de fil à un ami" . Ce dernier, chauffeur de  taxi  nous conduira à l'hôtel : pas d'autre choix ! Malheureusement le 1er hôtel est complet, le second aussi : au 3ème, l'hôtesse me dit que tous les hôtels sont complets dans un rayon de 70 km, Vladimir Putine est en visite officielle, accompagné de sa cour, et il y a un grand concert gratuit dans le parc de Schönbrunn après-demain. Il y a vraiment beaucoup de monde sur Vienne aujourd'hui...Nous demandons au taxi de se garer et nous commençons à chercher des adresses dans notre guide. Au même moment notre chauffeur nous demande si ça ne nous dérange pas de dormir à 4 dans la même chambre. Il venait de nous trouver un hôtel pas très loin du centre, en utilisant son carnet d'adresse personnel : ouf, sauvés !  Quelques minutes plus tard, après avoir traversé Vienne à cent à l'heure, nous nous installons pour 2 nuits à l'hôtel Stalehner. p5220233-1.jpg

 

 

 

 

 

 

Un restau genre heurige se trouve juste à côté, la galère est vite oubliée et nous passons une bonne soirée...

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le prochain épisode, vous découvrirez notre 1ère journée sans vélo, consacrée à la visite de Vienne, notre étape Vienne-Bratislava et la découverte de la capitale Slovaque...
4 ème épisode : cliquer ICI

 

 

2 tandems pour Budapest, épisode N° 2

( déjà paru le résumé du voyage : De Mulhouse à Budapest en tandem et 2 tandems pour Budapest, épisode N° 1)

Jeudi 17 mai, 5ème jour de voyage

Etape : Höschtädt-Eining

Le petit-déjeûner particulièrement copieux et la mise en scène soignée (  nappe brodée recouverte de  fleurs coupées et de pétales, café, thé, petits pains frais, confitures maison, jus d'orange, oeufs à la coque, jambon, fromage, yaourts et fruits ) nous aident à supporter l'idée de démarrer la journée sous la pluie. Les adieux sont émouvants et après de longues embrassades, nous prenons naturellement le chemin de la gare, juste pour voir... Aujourd'hui, c'est l'ascension, jour férié, et les trains sont rares. Nous reprenons donc la Donauradweg en direction de  Donauwörth ( 30km ) revêtus de nos capes.

p5170360.jpg Donauwörth est une très belle ville, même sous la pluie : façades colorées, église baroque avec orgue et plafond recouvert de fresques magnifiques. Brigitte, à l'affut au pied de la statue de "onkel ludwig" a repéré le nid  d' une cigogne avec son cigogneau et patiente, immobile, pour faire "sa" photo...

 

 

 

 

 

 

                                                                                              à Donauwörth convoyeurs de tandems en tenue traditionnelle

 

 

Après cette visite, nous décidons de rouler au sec jusqu'à Ingolstadt, c'est-à-dire en train ( 60 kilomètres ) .

Un coup d'oeil à la porte de ville, aux très vieux et beaux canons exposés dans la cour du château, et nous nous retrouvons bientôt roulant dans le sable sous un ciel noir de nuages menaçants. Les tandems chargés s'enfoncent dans le sable détrempé, et la conduite est des plus hasardeuses. Pourtant, nous apprécions de rouler au plus près du grand fleuve qui nous offre, sous cette lumière bizarre, l'apparence d'un interminable ruban métallique. La piste est tracée tantot au sommet de la digue, tantot en contre-bas, et chaque fois que notre tandem surgit en partie haute, nous nous exclamons en choeur, toujours subjugués par ce fleuve majestueux.

La "radweg" après Ingolstadt

En retrouvant le bitume, nous constatons que les tandems ont changé de couleur, entièrement recouverts d'un crépis blanchâtre. Après Neuestadt, nous nous engageons en direction de Kelheim, mauvaise idée car Kelheim , que nous visiterons demain, est sur la rive gauche et nous avons réservé notre gîte à Eining qui est sur la rive droite. Luigi ayant pris un peu d'avance, nous déléguons un automobiliste allemand pour l'avertir et lui demander de faire demi-tour. Le soir, nous nous régalons de spécialités de la région  "Spargel" ( asperges )et dégustons une excellente bière locale, brassée à l'Abbaye de Weltenburg à 5 km. Nos deux gourmandes, Brigitte et Martine choisiront comme d'habitude le plus gros dessert.

Aujourd'hui, nous avons parcouru 90 km en tandem et 60 km en train.

 

 

 

 

 

Vendredi 18 mai

6ème jour de voyage

De Eining à Wörth : 77 km

Départ dans le brouillard pour l'Abbaye de Weltenburg. Nous nous attardons dans l'Eglise de cette Abbaye, une des plus belles du baroque tardif (1716-1718) décorée par les frères Asam, nous sommes éblouis par la statue de Saint-Georges terrassant le dragon.

Pour rejoindre Kelheim, nous avons pris l'option croisière et  franchissons le défilé creusé par le fleuve dans les collines de Franconie. Nous naviguons bientôt entre deux   falaises de 100 m de haut, en savourant notre dernière "brune de Weltenburg".

Après quelques minutes, nous découvrons au sommet de la colline l'imposant monument édifié par Louis 1er de Bavière, le  fameux "befreiungshalle" qui domine toute la vallée. Ce monument honore les armées de la coalition contre Napoléon, qui ont conduit aux défaites de 1813 et 1815. Le chiffre clé est le 18 ( et multiples): à l'extérieur, 54 colonnes et 18 statues. A l'intérieur, 18 noms de batailles que Napoléon a perdues ( ou pas franchement remportées) gravés sur des blasons de cuivre tenus par 36 anges de marbre. Cet ensemble, laid extérieurement est finalement assez harmonieux à l'intérieur. En tout cas, pour nous y rendre, il a fallu gravir une côte de 2 km à 15%.

Le colossal befreiungshalle

les statues de marbre représentent des anges tenant les trophées de Leipzig et Waterloo (entr'autres)

 

 

Nous avons prévu de prendre notre repas de midi dans le plus vieux restaurant d'Allemagne, sur les quais de Ratisbonne ( Regensburg) aussi nous quittons un moment la radweg pour filer direct vers Ratisbonne, 25 km d'une route à grande circulation avec de longues côtes. Bien sûr, si nous ne suivons pas les méandres, il faut bien enjamber la colline. Nous entrons dans Ratisbonne vers 13h, et Martine me signale être anormalement secouée à l'arrière : nous constatons une énorme hernie, qui nous oblige à traverser la ville au ralenti, à la recherche de "l'alte wurst küche". Une ambiance de kermesse règne sur la terrasse, les serveurs courent dans tous les sens avec leur plateau chargé de bière et de saucisses, traversant des nuages de fumée odorante. Il y a la queue, mais c'est pour la vente à emporter. En terrasse, 4 places se libèrent, on s'installe à l'ombre, les bières arrivent, puis les wurst, Brigitte savoure son Riesling, on est bien. Les tandems appuyés contre le mur du restaurant ont entièrement disparu derrière une haie d'admirateurs qui essaient de déchiffrer nos "plaques de cadre" sur lesquelles figurent les grandes lignes de notre périple. Les flashes crépitent, c'est la rançon du vedettariat pour Luigi et Mémère Roberte.

Après le repas, nous déambulons sur le fameux pont de pierre, classé au patrimoine mondial, et après quelques photos des vieux quartiers, nous emmenons mémère roberte chez le vélociste pour sa hernie. Le choix des pneus est limité : 23 ou 32 ? Sans hésitation, nous optons pour le 32.

Ratisbonne : le pont de pierre et la porte fortifiée.

A la sortie de Ratisbonne, nous nous offrons la montée au "Walhalla" monument de style grec, copie du parthénon dont l'intérieur rassemble une collection de bustes d'allemands illustres... La vue sur le Danube est imprenable, quelques photos et en route pour Wörth ou nous attend Frau Schmidtbauer.

Et avec quelle gentillesse ! A peine descendus du tandem, nous nous retrouvons au jardin avec "Hildegarde" autour du pot d'accueil. Puis notre hôte nous proposera de laver notre linge, nous conduira en voiture au restaurant et viendra nous rechercher après le repas. ( le centre du bourg n'est pourtant qu'à 1 km !) Le soir au restaurant ( cuisine familiale ) nous profitons de la répétition du Stadtkappel, dans une arrière salle. Que des cuivres, une batterie, une flûte et trois clarinettes, nous passons un bon moment...

 

 

 

 

 

 

Samedi 19 mai , 7ème jour de voyage

De Wörth à Passau (128 km )

Après le petit-déjeûner, nous parvenons à convaincre Hildegarde de poser avec nous pour la photo du départ. La radweg est lisse, le Danube est bleu, une belle journée s'annonce...Les kilomètres défilent malgré un léger vent de face. Les pancartes qui balisent la radweg sont très utiles car la route tourne sans cesse à droite à gauche. Nous arrivons bientôt à Deggendorf, pour le déjeûner : aujourd'hui, kebab, puis fraises achetées sur le marché et bière en terrasse sur la magnifique place ensoleillée. Après le repas nous reprenons la route en direction de Passau, la piste est parfois très étroite, jusqu'à ressembler à un sentier.

Puis c'est de nouveau le bitume. tout va bien, les 2 tandems roulent roue dans roue, Luigi précédant Mémère Roberte . Soudain, un insecte s' introduit dans mon casque, je l'ôte, le temps de me passer la main sur la tête, notre tandem percute Luigi qui vient de s'arrêter devant nous. Nous nous retrouvons Martine et moi tous deux à terre, heureusement, rien de cassé, quelques plaies au genou et au coude, le matériel semble intact.  Voilà, c'est fait, notre première chute de tandem, conséquence d'un malheureux concours de circonstances : au moment où je conduis d'une seule main, Brigitte demande un arrêt photo. D'habitude, elle crie "photo !" mais dans ce cas, le sujet étant une horde de lièvres, la demande devait être plus discrète... A Passau, "la ville aux 3 rivières", au confluent du Danube, de l'Inn et de l'Ilz, nous sommes émerveillés par la cathédrale St Etienne, la nef et les chapelles latérales comptent plus de 1000 statues. Mais le plus impressionnant est l'orgue, le plus grand au monde, avec 17388 tuyaux !

 

 

 

 

Nous devons encore rouler 5 km pour atteindre notre gîte, à Kellberg au Gasthof Kernmühle, nos chambres donnent directement sur le Danube, et la terrasse du restaurant, encore ensoleillée, nous accueille pour notre dernière soirée en Allemagne.  Nous rangeons au fond des sacoches le guide "Donauradweg N° 1, de Donaueschingen à Passau". Nous sommes partis depuis  une semaine, nous avons parcouru exactement 742 km à vélo, dont 514 le long du Danube.( si on ajoute les 120 km en train, nous retrouvons en gros les 600 km correspondant au Danube allemand )...Le prochain épisode relatera la partie autrichienne, entre Passau et Vienne.
3ème épisode cliquerICI

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