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Texte Libre

" On n'a que l'bon temps qu'on s'donne "

signé : Mémère Roberte (1909-1999)

Cette devise était celle de ma Maman, que ses 6 petits enfants appelaient Mémère Roberte. Aujourd'hui cette maxime est inscrite en lettres blanches sur fond rouge, non sur la cheminée, mais sur le cadre de notre tandem...

3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 18:38

2 tandems pour Budapest, épisode N° 2

( déjà paru le résumé du voyage : De Mulhouse à Budapest en tandem et 2 tandems pour Budapest, épisode N° 1)

Jeudi 17 mai, 5ème jour de voyage

Etape : Höschtädt-Eining

Le petit-déjeûner particulièrement copieux et la mise en scène soignée (  nappe brodée recouverte de  fleurs coupées et de pétales, café, thé, petits pains frais, confitures maison, jus d'orange, oeufs à la coque, jambon, fromage, yaourts et fruits ) nous aident à supporter l'idée de démarrer la journée sous la pluie. Les adieux sont émouvants et après de longues embrassades, nous prenons naturellement le chemin de la gare, juste pour voir... Aujourd'hui, c'est l'ascension, jour férié, et les trains sont rares. Nous reprenons donc la Donauradweg en direction de  Donauwörth ( 30km ) revêtus de nos capes.

p5170360.jpgDonauwörth est une très belle ville, même sous la pluie : façades colorées, église baroque avec orgue et plafond recouvert de fresques magnifiques. Brigitte, à l'affut au pied de la statue de "onkel ludwig" a repéré le nid  d' une cigogne avec son cigogneau et patiente, immobile, pour faire "sa" photo...

 

 

 

 

 

 

                                                                                              à Donauwörth convoyeurs de tandems en tenue traditionnelle

 

 

Après cette visite, nous décidons de rouler au sec jusqu'à Ingolstadt, c'est-à-dire en train ( 60 kilomètres ) .

Un coup d'oeil à la porte de ville, aux très vieux et beaux canons exposés dans la cour du château, et nous nous retrouvons bientôt roulant dans le sable sous un ciel noir de nuages menaçants. Les tandems chargés s'enfoncent dans le sable détrempé, et la conduite est des plus hasardeuses. Pourtant, nous apprécions de rouler au plus près du grand fleuve qui nous offre, sous cette lumière bizarre, l'apparence d'un interminable ruban métallique. La piste est tracée tantot au sommet de la digue, tantot en contre-bas, et chaque fois que notre tandem surgit en partie haute, nous nous exclamons en choeur, toujours subjugués par ce fleuve majestueux.

La "radweg" après Ingolstadt

En retrouvant le bitume, nous constatons que les tandems ont changé de couleur, entièrement recouverts d'un crépis blanchâtre. Après Neuestadt, nous nous engageons en direction de Kelheim, mauvaise idée car Kelheim , que nous visiterons demain, est sur la rive gauche et nous avons réservé notre gîte à Eining qui est sur la rive droite. Luigi ayant pris un peu d'avance, nous déléguons un automobiliste allemand pour l'avertir et lui demander de faire demi-tour. Le soir, nous nous régalons de spécialités de la région  "Spargel" ( asperges )et dégustons une excellente bière locale, brassée à l'Abbaye de Weltenburg à 5 km. Nos deux gourmandes, Brigitte et Martine choisiront comme d'habitude le plus gros dessert.

Aujourd'hui, nous avons parcouru 90 km en tandem et 60 km en train.

 

 

 

 

 

Vendredi 18 mai

6ème jour de voyage

De Eining à Wörth : 77 km

Départ dans le brouillard pour l'Abbaye de Weltenburg. Nous nous attardons dans l'Eglise de cette Abbaye, une des plus belles du baroque tardif (1716-1718) décorée par les frères Asam, nous sommes éblouis par la statue de Saint-Georges terrassant le dragon.

Pour rejoindre Kelheim, nous avons pris l'option croisière et  franchissons le défilé creusé par le fleuve dans les collines de Franconie. Nous naviguons bientôt entre deux   falaises de 100 m de haut, en savourant notre dernière "brune de Weltenburg".

Après quelques minutes, nous découvrons au sommet de la colline l'imposant monument édifié par Louis 1er de Bavière, le  fameux "befreiungshalle" qui domine toute la vallée. Ce monument honore les armées de la coalition contre Napoléon, qui ont conduit aux défaites de 1813 et 1815. Le chiffre clé est le 18 ( et multiples): à l'extérieur, 54 colonnes et 18 statues. A l'intérieur, 18 noms de batailles que Napoléon a perdues ( ou pas franchement remportées) gravés sur des blasons de cuivre tenus par 36 anges de marbre. Cet ensemble, laid extérieurement est finalement assez harmonieux à l'intérieur. En tout cas, pour nous y rendre, il a fallu gravir une côte de 2 km à 15%.

Le colossal befreiungshalle

les statues de marbre représentent des anges tenant les trophées de Leipzig et Waterloo (entr'autres)

 

 

Nous avons prévu de prendre notre repas de midi dans le plus vieux restaurant d'Allemagne, sur les quais de Ratisbonne ( Regensburg) aussi nous quittons un moment la radweg pour filer direct vers Ratisbonne, 25 km d'une route à grande circulation avec de longues côtes. Bien sûr, si nous ne suivons pas les méandres, il faut bien enjamber la colline. Nous entrons dans Ratisbonne vers 13h, et Martine me signale être anormalement secouée à l'arrière : nous constatons une énorme hernie, qui nous oblige à traverser la ville au ralenti, à la recherche de "l'alte wurst küche". Une ambiance de kermesse règne sur la terrasse, les serveurs courent dans tous les sens avec leur plateau chargé de bière et de saucisses, traversant des nuages de fumée odorante. Il y a la queue, mais c'est pour la vente à emporter. En terrasse, 4 places se libèrent, on s'installe à l'ombre, les bières arrivent, puis les wurst, Brigitte savoure son Riesling, on est bien. Les tandems appuyés contre le mur du restaurant ont entièrement disparu derrière une haie d'admirateurs qui essaient de déchiffrer nos "plaques de cadre" sur lesquelles figurent les grandes lignes de notre périple. Les flashes crépitent, c'est la rançon du vedettariat pour Luigi et Mémère Roberte.

Après le repas, nous déambulons sur le fameux pont de pierre, classé au patrimoine mondial, et après quelques photos des vieux quartiers, nous emmenons mémère roberte chez le vélociste pour sa hernie. Le choix des pneus est limité : 23 ou 32 ? Sans hésitation, nous optons pour le 32.

Ratisbonne : le pont de pierre et la porte fortifiée.

A la sortie de Ratisbonne, nous nous offrons la montée au "Walhalla" monument de style grec, copie du parthénon dont l'intérieur rassemble une collection de bustes d'allemands illustres...La vue sur le Danube est imprenable, quelques photos et en route pour Wörth ou nous attend Frau Schmidtbauer.

Et avec quelle gentillesse ! A peine descendus du tandem, nous nous retrouvons au jardin avec "Hildegarde" autour du pot d'accueil. Puis notre hôte nous proposera de laver notre linge, nous conduira en voiture au restaurant et viendra nous rechercher après le repas. ( le centre du bourg n'est pourtant qu'à 1 km !) Le soir au restaurant ( cuisine familiale ) nous profitons de la répétition du Stadtkappel, dans une arrière salle. Que des cuivres, une batterie, une flûte et trois clarinettes, nous passons un bon moment...

 

 

 

 

 

 

Samedi 19 mai , 7ème jour de voyage

De Wörth à Passau (128 km )

Après le petit-déjeûner, nous parvenons à convaincre Hildegarde de poser avec nous pour la photo du départ. La radweg est lisse, le Danube est bleu, une belle journée s'annonce...Les kilomètres défilent malgré un léger vent de face. Les pancartes qui balisent la radweg sont très utiles car la route tourne sans cesse à droite à gauche. Nous arrivons bientôt à Deggendorf, pour le déjeûner : aujourd'hui, kebab, puis fraises achetées sur le marché et bière en terrasse sur la magnifique place ensoleillée. Après le repas nous reprenons la route en direction de Passau, la piste est parfois très étroite, jusqu'à ressembler à un sentier.

Puis c'est de nouveau le bitume. tout va bien, les 2 tandems roulent roue dans roue, Luigi précédant Mémère Roberte . Soudain, un insecte s' introduit dans mon casque, je l'ôte, le temps de me passer la main sur la tête, notre tandem percute Luigi qui vient de s'arrêter devant nous. Nous nous retrouvons Martine et moi tous deux à terre, heureusement, rien de cassé, quelques plaies au genou et au coude, le matériel semble intact.  Voilà, c'est fait, notre première chute de tandem, conséquence d'un malheureux concours de circonstances : au moment où je conduis d'une seule main, Brigitte demande un arrêt photo. D'habitude, elle crie "photo !" mais dans ce cas, le sujet étant une horde de lièvres, la demande devait être plus discrète... A Passau, "la ville aux 3 rivières", au confluent du Danube, de l'Inn et de l'Ilz, nous sommes émerveillés par la cathédrale St Etienne, la nef et les chapelles latérales comptent plus de 1000 statues. Mais le plus impressionnant est l'orgue, le plus grand au monde, avec 17388 tuyaux !

 

 

 

 

Nous devons encore rouler 5 km pour atteindre notre gîte, à Kellberg au Gasthof Kernmühle, nos chambres donnent directement sur le Danube, et la terrasse du restaurant, encore ensoleillée, nous accueille pour notre dernière soirée en Allemagne. Nous rangeons au fond des sacoches le guide "Donauradweg N° 1, de Donaueschingen à Passau". Nous sommes partis depuis  une semaine, nous avons parcouru exactement 742 km à vélo, dont 514 le long du Danube.( si on ajoute les 120 km en train, nous retrouvons en gros les 600 km correspondant au Danube allemand )...Le prochain épisode relatera la partie autrichienne, entre Passau et Vienne.
3ème épisode cliquerICI

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Published by christian BACQUET - dans voyage
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commentaires

sylvain 24/07/2007 08:35

Miam miam la choucroute, et les costumes des convoyeurs de tandem a l'air très seyant !!