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Texte Libre

" On n'a que l'bon temps qu'on s'donne "

signé : Mémère Roberte (1909-1999)

Cette devise était celle de ma Maman, que ses 6 petits enfants appelaient Mémère Roberte. Aujourd'hui cette maxime est inscrite en lettres blanches sur fond rouge, non sur la cheminée, mais sur le cadre de notre tandem...

14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 19:11

Une des grandes questions de notre voyage était : comment allons-nous nous rendre à Donaueschingen, là où le Danube prend sa source ?

Après avoir étudié les différentes possibilités, nous faire conduire en voiture, en louer une, prendre un avion, le train...le train ? Mais oui, le train ! Pourrons nous faire entrer nos tandems dans le train ? La SNCF nous assure qu'il n'y a pas de problème, la formule Train + Vélo est parfaitement rôdée, nous dit-on...Je regarde sur internet la faisabilité du voyage mais le nombre de changements m'effraie, 6 changements jusque Strasbourg, puis 2 autres avant d'arriver à Donaueschingen : je nous imagine mal voler d'un quai à l'autre en quelques minutes, avec tandems et sacoches. Je me renseigne à la gare d'Aix et lorsque je soumets mon projet à l'agent, ce dernier émet un  "hou la la !!!" en se grattant la tête...Ce qui signifie en langage courant : " mais Monsieur, vous n'y pensez-pas réellement ?"

Alors, nous avons choisi de jouer la sécurité en réservant 4 places dans le train Lyon - Mulhouse, sans changement. De là, nous sauterons sur les tandems et longerons le Rhin jusqu' à Schaffausen, obliquerons vers les sources du Danube pour prendre le départ "officiel" de notre raid sur la "Donau-Radweg". Je suis allé vérifier avec mon double mètre que le fourgon des vélos pouvait recevoir nos tandems. En effet, c'est bleu-si-po ( comme on dit à la SNCF)

Tout s'est passé comme prévu, ou à peu près. En arrivant sur le quai de "Part-Dieu", le dimanche 13 mai à 9heures, nous interrogeons un contrôleur : " Où se trouve le fourgon pour les vélos ? " Réponse du contrôleur, goguenard :" Ah oui, le fourgon ? Je ne sais pas s'il y en a un aujourd'hui, ils ne le mettent pas toujours.... Non, aujourd'hui, ils ne l'ont pas mis..."( et pourtant il s'agit bien d'un train pour vélos !) Alors il a fallu démonter les roues avant et dresser les tandems debout, en plein milieu du passage, obligeant les agents à condamner une des portes "voyageurs", devenue inaccessible...

 

A 14 heures, nous donnons les premiers coups de pédale devant la gare de Mulhouse, direction Bâle.

La traversée de Bâle est un peu difficile, nous ne sommes pas encore familiarisés avec les pistes cyclables suisses et leurs panneaux rouges. Après quelques minutes de cafouillage et d'hésitations nous trouvons le rythme et apprécions ces petites routes sauvages qui offrent de belles échappées sur le Rhin. Parfois la route se transforme en sentier très étroit et on se demande si nous sommes toujours sur la bonne route ? Mais très vite les petits logos rouges nous rassurent. Quelques passages en sous-bois très sombres puis de nouveau la lumière et la pancarte "Möhlin", c'est là que nous allons dormir, à la ferme Mahrer ( Schlaf im stroh ). Difficile à trouver, car nous ne sommes pas entrés dans le village du bon côté. Nous demandons à plusieurs personnes qui nous envoient dans des directions opposées, jusqu'à ce qu' une bonne âme sorte son VTT et nous emmène jusqu' à la ferme, après un parcours sinueux de 3 kilomètres. Encore merci. (Etape de 76 km)

Madame Mahrer nous fait visiter notre gîte et nous apporte des boissons fraîches. Après dîner ( saucisson, salade de pommes-de-terre ) nous nous étendons sur la paille et nous endormons aussitôt.

Que dire de ce style d'hébergement ? Très original comme concept, très confortable. A côté de nos litières se trouvent une salle de bain et des toilettes propres et modernes qui n'ont rien à voir avec une étable...Le lendemain au petit-déjeûner : tous les produits de la ferme, yogourt maison, confiture, beurre maison, idéal, avant une grande journée de vélo...

 

Si vous voulez tenter l'expérience, arrêtez-vous en voyant ce logo.

 

 

Lundi 14 mai : 2ème jour du voyage.

Ce soir nous dormirons près de la source du "Donau".

Le petit guide " la Suisse à vélo" nous permet de rouler tranquillement, en sécurité, le long de la route "Eurovelo 6" projet presque abouti d'une piste cyclable entre Nantes et la mer noire...Le midi nous pique-niquons sur l'herbe à Eglisau, avant de décider de couper au plus court vers Schaffausen pour admirer les chutes du Rhin. A l' entrée du bourg, Brigitte s'engouffre dans une supérette en train d'ouvrir, pour y échanger les 5 francs suisses qui lui brûlent les doigts contre 4 tablettes de chocolat...

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

 

 

 

 

 

La fin de parcours sera très dure, la piste présentant par endroits une pente pratiquement infranchissable pour des tandems chargés ( 18% ) nous avons raisonnablement mis pied à terre sur quelques centaines de mètres. A la sortie de ce secteur escarpé, nous devons lutter contre un vent très violent, puis des tornades de pluie et de grêle, avant d'entrer dans Donaueschingen vers 17 heures dans une quasi-obscurité. Nous nous réfugions sous un pont pour téléphoner à notre gîte, bonne nouvelle, on nous envoie quelqu'un...Mauvaise nouvelle, le gîte est à 7 km, la messagère esquisse un croquis pour nous guider, mais elle se trompe et nous envoie dans une mauvaise direction, les 7 kilomètres ont doublé et nous arrivons à la chambre vers 20 heures, après une dure étape de 152 km et 1675 m de dénivelé !!!

Vers 21 heures, après la douche, la patronne accepte de nous préparer une soupe ( Knorr sortie des sacoches de Luigi ) et de nous la servir à table, dans une vraie soupière, réconfortant...

Mardi 15 mai : notre descente du Danube commence aujourd'hui...

Mais avant, petite visite à la "Donauquelle" source officielle du grand fleuve, controversée par différents théoriciens qui trouvent crédible la formule : " Breg und Brigach bringen die Donau zu weg" littéralement : " La Brigach et la Breg mettent le Danube sur la voie" ou sous forme de dicton : "les petits ruisseaux font les grandes rivières."

Une statue de 1896 représente la déesse" Terre" tendant la main droite pour indiquer son chemin au tout jeune Danube...

La séance de photos est empreinte d'une solennité quasi-religieuse. Nous mesurons tous les 4 l'importance de ce premier rendez-vous...

 

 

 

 

 

 

A 10 heures nous nous présentons à l'entrée de la "Donau-Radweg", le courant passe, l'effet est immédiat, une affinité s'installe, c'est le bonheur...

La piste le long du jeune Danube est un peu fofolle, elle zigzague au milieu des champs et ressemble plus à une petite route de campagne qu'à une piste cyclable. Nous sympathisons avec un couple de séniors qui roulent à 17 km/h, et comme ils ne s'arrêtent jamais, ils se déplacent à la même moyenne que nous. Nous les doublons à 30 km/h et ils nous surprennent un peu plus loin, arrêtés, appareil photo en main...Nous nous quitterons à 16 heures devant leur hôtel, nous aurons à ce moment encore 40 km à parcourir. La radweg traverse des paysages sauvages. En voyant la croupe rouge de Luigi qui galope au loin, les musiques western résonnent dans ma tête, de "rio bravo" aux "7 mercenaires". J'espère seulement qu'on ne va pas tomber sur Géronimo embusqué à la sortie du canyon...

Une crevaison à l'arrière me sort de mon rêve , nous réparons et regagnons nos compagnons qui attendaient un peu plus loin.

 

 

 

 

 

 

L'église baroque de l' Abbaye de Beuron nous retient un moment avec son plafond finement décoré et son orgue éblouissant.

Puis nous serons bluffés par le château de Sigmaringen, résidence du Maréchal Pétain et de sa suite, en exil à la fin de la dernière guerre. Sigmaringen est aussi le rendez-vous des pêcheurs de la ligue du Danube dans "le pilote du Danube"ou"le beau danube jaune" de Jules Verne. Enfin nous visiterons la très belle ville de Riedlingen aux façades peintes, avant de nous installer chez la famille Weiss où nous avons réservé une cabane en bois très sympathique, au fond d'une prairie à la pelouse fraîchement tondue. Etape de 147 km pour 500 m de dénivelé. Le soir, au restaurant chinois ( les restaurants bavarois ferment tôt ) on mène la grande vie...

 

 

 

 

 

 

Mercredi 16 mai : 4ème jour

Nous décidons d'un commun accord de gagner Ulm par le train ( 67 km) les gros nuages menaçants y sont pour beaucoup dans ce choix, ainsi que l'excédent de kilomètres par rapport aux prévisions.

En Allemagne, pour prendre le train avec les vélos, c'est très simple, il suffit de se présenter sur le quai avec ses billets et de mettre son vélo dans le fourgon, qui est toujours présent.

Nous arrivons à Ulm vers 10 heures30 ce qui nous laisse le temps de faire le tour de la cathédrale ( la flèche la plus haute du monde avec 165 mètres) et de visiter le quartier des pêcheurs. Nous nous laissons guider par une habitante d'Ulm qui se déplace à bicyclette et a bien voulu nous consacrer une heure de son temps...Le Rathaus est célèbre pour ses façades qui retracent en peinture l' histoire de la ville.

Nous reprenons la route vers Höschstädt après nous être bien restaurés ( petit restaurant dont un des murs a conservé un boulet de la fameuse bataille de 1805 )



















A la sortie d'Ulm, le parcours est très varié, avec de nombreux passages en forêt, avant de traverser les très belles villes de Günzburg et Gundelfingen. p5160319.jpg

 

 

 

 

 

 Le beffroi de Günzburg

A Höschstädt, Calliopi Maier nous reçoit chaleureusement dans un grand appartement tout confort. Un bon plat de pâtes après la dégustation de 10 sortes de liqueurs de fruit concoctées par Calliopi en personne. Quelle bonne soirée ! Etape de 72 km ( + 67 en train )

 p5160346.jpg

 

                                                                                                                    Avec Calliopi Maier
voir le 2 ème épisode

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Published by christian BACQUET - dans voyage
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