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Texte Libre

" On n'a que l'bon temps qu'on s'donne "

signé : Mémère Roberte (1909-1999)

Cette devise était celle de ma Maman, que ses 6 petits enfants appelaient Mémère Roberte. Aujourd'hui cette maxime est inscrite en lettres blanches sur fond rouge, non sur la cheminée, mais sur le cadre de notre tandem...

23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 17:36

Enfin l'Autriche...Dans cet épisode, vous vivrez avec nous la partie autrichienne, entre Passau et Vienne. Vous devrez avoir lu le 1er épisode, le 2ème épisode et le résumé du voyage

 Dimanche 20 mai, 8ème jour de voyage : de Passau à Abwinden 117 km

Nous empruntons la rive gauche jusque Schlögen, le temps de nous habituer aux nouvelles pancartes qui balisent la "radweg"autrichienne, puis gagnons l'autre rive par le bac pour admirer le fameux méandre du haut de la colline. Environ 2 km à 15% puis 1 km en forêt dont 500 mètres impraticables. Nous abandonnons les tandems à quelques dizaines de mètres du point de vue. Les difficultés de l'ascension sont récompensées par cette vue incroyable qui nous laisse sans voix. Ici le fleuve effectue un véritable 180° pour contourner la colline de Schlögen, offrant un spectacle saisissant.

Nous continuons ensuite sur la rive droite en direction de Linz. Aujourd'hui dimanche, la radweg est très fréquentée par des familles entières de cyclistes qui occupent toute la largeur de la voie, nous devons jouer de la sonnette pour nous frayer un passage. Vers midi, nous nous arrêtons pour nous restaurer dans un des nombreux cafés au bord de l'eau...Saucisses, bière. Puis nous reprenons la route vers Linz où nous arrivons vers 16 heures, emmenant dans notre sillage un Vététiste autrichien,  tout heureux d' arriver à Linz plus tôt que prévu...Visite rapide de la ville, la place, une église baroque, une pause bière dans un  "biergarten" ombragé. Nous quittons Linz par la rive gauche, étonnés de traverser un immense parc où fument déjà des centaines de barbecue. Comme il fait beau, des milliers de gens  sont rassemblés ici pour le pique-nique du dimanche soir, l'ambiance est à la fête, et nous , nous luttons contre le vent pour couvrir les 20 km qui nous séparent d' Abwinden où nous attend Stefanie Resanka.  Nous dînons dans le kiosque au milieu du jardin et passons une bonne soirée avec nos hôtes à discuter un peu en allemand, mais surtout en anglais. Stefanie nous demande si nous avons remarqué sa pub dans le guide "Donauradweg N°2" Frühstück bei Stefanie" clin d'oeil au film américain "frühstück bei tiffany" avec Audrey Hepburn...Sa déception est grande quand on lui avoue que non...

Lundi 21 mai  9ème jour du voyage : de Abwinden à Emmersdorf ( en face de Melk) 112 km

Après une bonne nuit et un réveil en avance d'une heure ( Martine sonne le clairon à 6 heures en criant :" il est 7 heures !!!) nous apprécions le "frühstück de Stefanie". Départ vers 9 heures en direction de St Florian, traversée du fleuve sur un barrage hydroélectrique et découverte d'un panneau inconnu en France : un cycliste marchant à côté de son vélo. p5210020-2.jpgL'abbaye de St Florian est magnifique, la perspective est harmonieuse sous tous les angles et l'intérieur baroque rivalise avec le monastère de Weltenburg. Anton Bruckner repose dans la crypte creusée juste sous l'orgue sur lequel il jouait.

Après St Florian, nous passons un moment sur la belle place d'Enns, la plus ancienne ville d'Autriche. Quelques cafouillages pour quitter Enns, et nous continuons sur la rive droite. Nous parcourons presque 20 km sans voir "notre fleuve" sur une belle route déserte et sinueuse mais toujours très bien balisée. Nous retrouvons le Danube  juste avant "Walsee" petit port de plaisance sympathique, à l'heure du déjeûner. Mais la pancarte indiquant le centre historique nous entraîne sur les hauteurs, nul besoin de tendre l'oreille pour entendre Brigitte confier à son pilote que " c'est pas une bonne idée ". Sur la place, un petit restau où sont déjà installés d'autres cyclistes, propose wurst au fromage et cidre de poire (le fameux "most") A 13 heures pile, les marteaux piqueurs nous chassent de la terrasse, nous terminons notre repas à l'intérieur. Puis après une nouvelle infidélité au Danube, nous le retrouvons 15 kilomètres plus loin pour le traverser à Tiefenbach, et retrouver la rive gauche à Grein : dans ce bourg se trouve le plus petit théâtre du monde, de style roccoco et qui mérite une visite. Des troupes d'artistes amateurs et professionnels s'y produisent depuis 1791. Les 50 derniers kilomètres de cette étape sont parcourus à un train très soutenu : nous apercevons l'Abbaye de Melk sur son promontoire à plus de 10 km. Nous fonçons droit vers elle, comme aimantés, à tel point que nous oublions de tourner pour rejoindre Emmersdorf. Nous nous sommes avancés au beau milieu d'une presqu'île. Heureusement, un cycliste autrichien nous voyant hésiter et devinant notre embarras, nous indique un chemin de terre sur la gauche en criant : "Emmersdorf !" ,  nous évitant ainsi un détour de 8 kilomètres. Cinq minutes plus tard, nous sirotons une bière sur la terrasse de la famille Franck, face à l'Abbaye de Melk...

 

 

 

Le soir nous descendons à pied dîner au "Heurige" à 200 mètres. Bon repas arrosé de Riesling de la wachau. Avant d'aller dormir, de notre balcon, nous contemplons longuement l'abbaye illuminée.

Mardi 22 mai  10ème jour du voyage : de Melk à Vienne 140 km

L'idée de quitter Emmersdorf sans visiter Melk nous contrarie un peu, alors nous prenons en sens inverse le raccourci indiqué hier et nous voilà bientôt devant l'Abbaye ! Depuis plus de mille ans, cette abbaye, construction baroque ( 1702-1736)  est un centre culturel et spirituel en Autriche, d'abord comme château fort de la famille Babenberg et, depuis 1089, comme abbaye bénédictine fondée par le margrave Léopold II. Nous ne nous attardons pas trop car Vienne est encore loin. La route de la Wachau serpente au milieu des vignes et traverse les beaux villages de  Spitz, Weissenkirchen, Dürnstein. C'est dans ce bourg que Richard "Coeur de Lion" ( Richard Löwenherz ) fut emprisonné à son retour de croisade et localisé par ses amis grâce à un chant traditionnel anglais.

 

Quelques photos du célèbre clocher bleu, et direction Krems : nous passons devant le musée de la caricature, franchissons la porte de ville et remontons à pied la rue principale, pas vraiment emballant, nous déjêunons en terrasse ( saucisses ) et reprenons la route vers Tulln, où nous photographions l'oeuvre de Michael Nogin, monument représentant la rencontre entre le roi des huns Etzel  et Krimhilde la burgonde, héros du chant des Nibelungen.

 

 

 

 

 

 

 

 

Juste à côté et du même artiste, une statue équestre de l'empereur romain Marc-Aurel intéresse particulièrement Philippe. Vienne n'est plus qu'à quelques kilomètres, je dispose le lecteur MP3 ainsi que les hauts parleurs de notre mini chaîne dans chacune de mes poches arrière de maillot, j'envoie les valses de strauss, et nous nous préparons à faire notre entrée dans la capitale autrichienne. J'ai réglé le volume au maximum mais il y a une telle circulation qu'on n'entend rien. Nous nous retrouvons bientôt au milieu d'un flot de voitures, camions et motos. Notre entrée dans Vienne au son des violons est ratée...Nous déplions le plan de la ville et ne comprenons pas comment on a fait pour perdre la piste cyclable : elle passe sous la route où l'on se trouve. Maintenant il va falloir ruser pour la retrouver et descendre les tandems le long du rail spécialement installé à cet effet. Près d'une heure pour rejoindre le "Ring" où nous sautons de théâtre en palais, de museum en Burggarten, le catalogue des monuments de Vienne est là sous nos yeux, ça promet pour demain. L'heure tourne, le ciel est noir, il va pleuvoir et nous cherchons toujours la Favoriten Strasse où nous avons réservé. Vers 19 heures, sous la pluie,  nous arrivons enfin devant l'immeuble Paula Hof, mais personne ne répond au coup de sonnette, le téléphone est sur répondeur. Que faire ? La pluie a cessé. J'entre dans la boutique qui fait l'angle pour demander de l'aide : ce commerçant va nous tirer d'affaire. N'ayant pas réussi à joindre notre loueur, il nous propose de garder nos tandems, et choisit le joker "coup de fil à un ami" . Ce dernier, chauffeur de  taxi  nous conduira à l'hôtel : pas d'autre choix ! Malheureusement le 1er hôtel est complet, le second aussi : au 3ème, l'hôtesse me dit que tous les hôtels sont complets dans un rayon de 70 km, Vladimir Putine est en visite officielle, accompagné de sa cour, et il y a un grand concert gratuit dans le parc de Schönbrunn après-demain. Il y a vraiment beaucoup de monde sur Vienne aujourd'hui...Nous demandons au taxi de se garer et nous commençons à chercher des adresses dans notre guide. Au même moment notre chauffeur nous demande si ça ne nous dérange pas de dormir à 4 dans la même chambre. Il venait de nous trouver un hôtel pas très loin du centre, en utilisant son carnet d'adresse personnel : ouf, sauvés !  Quelques minutes plus tard, après avoir traversé Vienne à cent à l'heure, nous nous installons pour 2 nuits à l'hôtel Stalehner.p5220233-1.jpg

 

 

 

 

 

 

Un restau genre heurige se trouve juste à côté, la galère est vite oubliée et nous passons une bonne soirée...

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le prochain épisode, vous découvrirez notre 1ère journée sans vélo, consacrée à la visite de Vienne, notre étape Vienne-Bratislava et la découverte de la capitale Slovaque...
4 ème épisode : cliquer ICI

 

 

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Published by christian BACQUET - dans voyage
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