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Texte Libre

" On n'a que l'bon temps qu'on s'donne "

signé : Mémère Roberte (1909-1999)

Cette devise était celle de ma Maman, que ses 6 petits enfants appelaient Mémère Roberte. Aujourd'hui cette maxime est inscrite en lettres blanches sur fond rouge, non sur la cheminée, mais sur le cadre de notre tandem...

30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 17:00
Samedi 26 mai. 14ème jour : Bratislava-Komarom  122 km

Avant le départ, je remplace un maillon de la chaîne droite de "Mémère Roberte"qui est vrillé depuis 3 jours (la chaîne, tombant du petit plateau, s'était coincée dans la montée de Dürnstein.) Le maillon tordu produit un couinement très désagréable qui fait passer notre belle machine pour un vieux clou...P5260007.JPG A 8 heures, nous traversons le pont et nous retrouvons sur une large route coincée entre deux bras du Danube. Après Cunovo, km 16, nous franchissons un barrage de  2500 mètres. Le fleuve est maintenant divisé en deux bras : le droit, le plus étroit, est la frontière slovaquo-hongroise. L'autre,  entièrement slovaque, large de 3 km par endroits, s'appuie sur la digue où nous circulons. Belle ligne droite de 30 kilomètres sans une tache d'ombre,  fréquentée  par des jeunes filles en roller, et en maillot de bain... bronzage garanti.
 P5260016.JPGEn regardant loin à gauche, nous distinguons à peine l'autre rive. Comme en baie de somme, une forte odeur de marée, de belles vagues soulevées par le vent, des mouettes et des goélands, rares. C'est le royaume des canards à tête rouge. Sur la droite, le bras le plus étroit  s'est séparé en une quantité d'autres bras qui serpentent entre les 2 principaux, engendrant mares et étangs, où évoluent tranquillement hérons et cigognes. En fait, cette digue est réservée aux rollers, les cyclistes doivent emprunter une autre voie, aussi lisse et large que celle-ci, mais en contre-bas, donc sans la vue unique offerte ici. Au bout de la digue, la route passe sur le fameux barrage de "Gabcikovo" et traverse le bras gauche, nommé "Privodny kanal" en amont et "Odpadovy Kanal" en aval. Nous pédalons encore 8 km pour atteindre Sap, où les 2 bras réunis forment à nouveau le seul et vrai Dunaj... C'est pourtant à ce confluent que la Donauradweg décide de s'écarter du fleuve pour divaguer dans la campagne slovaque. Nous n'avons pas d'autre choix que la suivre; à partir de Medved'ov, nous commençons à nous inquiéter de notre repas, Kl'ucovec puis Cicov. C'est dans ce dernier village que nous trouverons un bistrot sordide où nous ne pouvons nous faire comprendre, ni en anglais, ni en allemand, encore moins en français, nous n'avons bien sûr aucune connaissance de la langue slovaque...heureusement, au second bistrot, grand comme une salle des fêtes, nous arrivons à nous faire servir bières et sandwich et à payer en euro ( nous n'avons plus une seule couronne slovaque.) Nous reprenons notre route et constatons l'état de délabrement des signalisations : tous les panneaux indiquant la radweg sont cassés ou absents, nous devrons sortir la carte à chaque bifurcation et demander notre chemin aux paysans pour finalement atteindre Komarno vers 16 heures. La pancarte  Komarom, sur le pont, marque notre entrée en Hongrie. Un semblant de poste  frontière nous fait ralentir, c'est le moment que choisit Luigi pour placer une accélération et nous faire "la pancarte"  ( faire les pancartes, est un petit jeu répandu dans les sphères cyclistes, même chez les cyclotouristes, qui consiste à sprinter au passage de la pancarte indiquant l'entrée d'une ville, le sommet d'un col, ou même la sortie d'un tunnel, mais dans ce cas, cela porte un autre nom)  Et oui, les  tandemistes aussi, bien que pilotant des machines lestées de sacoches s'amusent  à cela.
A Komarom, nous nous installons à l'hôtel Kocsis. Une balade en ville avant le dîner, en terrasse et en musique.
Nous commandons deux grands plateaux pour nous quatre, chacun de ces plats comportant entrée, viande, légumes, très copieux et bon. danube-840.jpgAu dessert, impossible de rivaliser avec les coéquipières qui se cachent derrière d'énormes gâteaux  typiquement hongrois. Pour Martine : Somloi galuska, biscuit au rhum, fourré noix et raisin, surmonté de crème fouettée. Pour Brigitte : Palacsinka gundel, 2 crêpes pliées en 4, farcies à la crème de noix arrosée de chocolat chaud, Gundel est le nom d'un célèbre patissier hongrois. Aucun sentiment de culpabilité à appliquer cette maxime : " pour pédaler, il faut manger" ( proverbe hongrois)
 danube-842.jpgP5260028.JPG

Dimanche 27 mai -  15ème jour -     Komarom-Visegrad  90 km
De tous les petits-déjeûners le plus copieux et le plus varié, c'est pour aujourd'hui.  La totale méconnaissance de la langue magyare nous a conduits à répondre oui à toutes les suggestions, café, thé, pain, beurre, miel et confiture, yaourts, fromages et charcuterie,  la table se trouve bientôt entièrement couverte de plats, pots et pichets qu'il a fallu écarter pour laisser la place à l'immense  omelette au paprika, odorante et fumante, que le chef hongrois nous présente d'un air triomphant...Malgré un fort vent contraire, c'est un pur bonheur de pédaler le long de ce champ de coquelicots s'étendant à perte de vue. P5270049.JPGD'étonnants panneaux jalonnent notre route, et dans les villages, parfois, nous ne savons où poser nos roues, la piste cyclable montant sur les trottoirs, et la route n'acceptant pas les vélos. P5270054.JPGNous arrivons bientôt en vue d'Esztergom. Luigi est devant, Philippe nous cherche dans son rétro, mais son équipage est surpris lorsque nous débouchons sur la droite pour faire "la pancarte". Ces enfantillages montrent que la fin du voyage est proche, Budapest est à moins de 100 km maintenant et nos fantaisies ne risquent pas de compromettre le raid. Nous sommes assurés d'aller au bout !
Dans la montée à la basilique, la plus grande de Hongrie, la chaîne saute de nouveau et un maillon se tord. Pour maintenant nous finirons le voyage avec le couinement. La basilique domine le palais du primat de Hongrie, le Danube et de l'autre côté la Slovaquie. P5270103.JPGA  l'intérieur, sous le dôme qui culmine à 72 m, se trouve la peinture d'autel la plus grande au monde. Franz Liszt a spécialement composé et interprété sa "messe de Gran" pour la consécration de la basilique en 1856. C'est dans le petit restaurant face à la statue de Franz Liszt , au pied de la basilique, que nous découvrons la fameuse "soupe froide aux fruits rouges", un délice. 
Nous reprenons la route en direction de Visegrad, tout excités à l'idée de dormir dans une yourte. Le "Yurta Camping" se trouve à la sortie de Visegrad, la petite route qui monte sur la droite. En effet, ça monte. Ca monte même très fort. Après 4 km de montée, nous arrivons à hauteur d'un bar-restaurant entouré d'une immense terrasse où déjeûnent encore une dizaine de personnes. Nous demandons à un serveur, bingo, c'est lui le gérant du "yurta camping", il nous indique l'endroit. Deux minutes plus tard, nous sommes devant la réception du camping, qui semble désert. Nous cherchons la yourte et ne voyons qu'une espèce de bâche blanche rafistolée avec du scotch bleu. Lorsque nous écartons un pan de bâche, une forte odeur de renfermé nous repousse. La chaleur étouffante nous empêche d'entrer, nous apercevons deux banquettes crasseuses qui doivent servir de lit. De retour au restaurant, le gérant nous assure que pour 18 heures, tout sera "nickel". Après délibération, nous choisissons de redescendre à Visegrad et de chercher un hôtel. Nous nous installons confortablement à l'hôtel Var. Le soir nous dînons dans le restau voisin : soupe à la cerise, les mêmes desserts qu'hier pour les coéquipières et  balade au bord du Danube. 
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Lundi 28 mai  16ème jour -  dernière étape !  Visegrad-Budapest  55 km

Pour pédaler sur l'île Szentendre, nous prenons le bac face à Kisoroszi, en compagnie d'un globe-trotter suisse-allemand qui nous reconnait immédiatement : "hier, vous m'avez dépassé comme une train !"P5280146.JPG
Ses projets sont assez flous, il va rouler sa bosse pendant trois mois sans suivre d'itinéraire précis... Quant à nous, nous piquons plein sud sur Budapest.
 P5280171.JPGChamps de fraise à perte de vue, nous achetons une grosse barquette au producteur avant de déjeûner à Szentendre, ville touristique, animée, et coquette. Nos tandems appuyés contre un mur ont un gros succès, ils sont photographiés et les  conversations avec nos admirateurs tournent à l' interview (!!??)
Après un ravitaillement consistant, "serbian sandwich" et glaces pour ces dames, nous effaçons les 30 derniers kilomètres du voyage et entrons dans Budapest guidés par Miklos, pilote bénévole, efficace, qui nous dépose au pied de l'immeuble sans hésitation ni cafouillage. P5280218-copie-1.JPGNous téléphonons à Elvira, dont nous connaissons la voix, ayant eu avec elle une longue conversation en préparant ce voyage. "Prenez un pot au bar du coin, j'arrive..." Le temps pour nous de déguster une  Dreher, la bière hongroise, notre hôte nous installe dans l'appartement "obélix", idéal pour nous quatre. Nous attachons Luigi et Mémère Roberte dans la cour, pour 3 jours. Après une bonne douche, nous revêtons nos habits "civils" et Elvira nous emmène dîner chez elle, en suivant l'itinéraire qu'elle a choisi pour nous faire découvrir les beautés de la ville, en guise d'amuse-bouche, aperçu du programme qui nous attend ces 3 prochains jours. En apéritif : petits toast au pâté de pomme-de -terre et eau de vie de poire. Pour dîner, soupe froide de cerises, goulashe et gâteau au chocolat et noix de chez Gerbeaud, un nom dont on reparlera...En fin de soirée, Elvira nous appelle un taxi et nous nous quittons, avec en poche la recette de la soupe froide, tant convoitée par Philippe.

mardi 29 mai, mercredi 30 mai et jeudi 31 mai : 3 jours à Budapest
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Enumérer tout ce que l'on a pu découvrir, voir, admirer dans cette ville magnifique demanderait 10 pages...Nous retiendrons de ces 3 jours le bonheur de  flâner sur l'avenue Andrassy, de s'imprégner du grand Franz Liszt, qui est omniprésent à Budapest, statues, monuments, académie de musique. 
Les glaces succulentes de la patisserie Gerbeaud,
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les trois heures sublimes passées aux bains Széchényi, P5300716.JPG
le privilège d'assister à la représentation de Tosca, dans une loge de l'opéra. 
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Nous nous sommes sentis minuscules en déambulant dans "szoborpark", cimetière unique au monde où sont rassemblées les gigantesques statues de l'ère communiste, certaines dépassent 10 mètres de hauteur ! 
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Avons été Impressionnés par le prince Arpad, trônant au milieu de la place des héros, entouré de six autres chefs de tribu magyars, installés il y seulement mille ans dans la plaine du Danube...P5300663.jpg
Bouleversés en apprenant la signification de ces souliers abandonnés sur le quai à deux pas du parlement. 
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Frustrés de ne pouvoir entrer dans le parlement qui pourtant se visite...Quand le roi d'Espagne n'y est pas ! Mais vu de l'extérieur, qu'est-ce que c'est beau ! 
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Pris une leçon de patriotisme en découvrant l'histoire d'Imre Nagi, dont on croise l'effigie matin et soir aux quatre coins de la ville. 
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Attirés par les sons mêlés d'une vieille clarinette et d'un violon désaccordé s'élevant de cette place perdue, émus par ces deux musiciens anonymes, pas du tout virtuoses, dans leurs costumes étriqués, et hochant la tête au rythme des quelques forints qui tintaient en rebondissant sur le pavé. 
Abasourdis, par la vue offerte depuis Buda sur Pest, la rive gauche et le Parlement. 
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 Enthousiasmés par les richesses exposées dans le musée du Palais royal. Etonnés par la vitesse du  funiculaire qui descend en  30 secondes la colline de Buda.
Testé un coiffeur hongrois en lui livrant la tête de Brigitte qui doit justement se rendre au mariage ce samedi...
Fêté, en même temps que la fin du voyage, l'anniversaire de Phil au restaurant Avocado, histoire de "clôturer " les vacances en beauté...
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Nouveau projet :
Nous n'oublierons jamais ce grand fleuve, convaincus aujourd'hui qu'il a bien une âme, déjà il nous appelle pour nous offrir son autre moitié, aurons nous la force de résister, ou nous laisserons-nous tenter par ses charmes une nouvelle fois ? De Budapest jusqu'au Delta, 1500 km à travers le sud de la Hongrie, la Croatie et la Serbie, la Roumanie, la Bulgarie, la Moldavie et l'Ukraine, quel programme ! Nous avons découvert 1/3 seulement de l'Eurovélo 6, trait d'union entre Atlantique et Mer Noire. Cette route relie en effet St Nazaire à Tulcea, il y a de quoi satisfaire tous ceux qui aiment le tourisme fluvial autrement qu' en bronzant sur une péniche.
Ci-dessous le tracé de l'eurovelo 6. 
Allez voir l'album photo, il y en a de nouvelles : cliquez ICI

eurovelo6.jpg
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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 16:52

Avant de lire cet épisode, assurez-vous bien d'avoir lu les 1er épisode, 2ème épisode , 3ème épisode et le résumé
Mercredi 23 mai, première journée sans vélo : visite de Vienne.
Après 9 jours et demi de pédalage, 1000 km parcourus, nous apprécions de jouer un peu les touristes et nous nous fondons volontiers à la foule des japonais armés de leur audioguide pour visiter le château de Schönbrunn, résidence d'été des Habsbourg. A peine entrés dans le palais, nous ressortons de l'autre côté pour suivre Brigitte qui vient de se faire happer par les notes alléchantes de l'orchestre philarmonique de Vienne  dirigé par le grand Valéry Gergiev, et qui répète en vue du concert pour l'Europe, donné demain ici même.
Nous avons du faire preuve d'autorité pour la sortir de son extase et commencer la visite à l'heure prévue. Nous vérifions les informations glanées dans les livres en déambulant de pièce en pièce.

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Tout est vrai ! Marie-Thérèse a bien eu 16 enfants,  5 garçons et 11 filles, dont Marie-Antoinette que les révolutionnaires français n'ont pas épargnée, les appartements de Sissi et Franz, la chambre du roi de Rome, l'Aiglon...Ainsi, cela n'était pas que littérature. Une cinquantaine de pièces plus tard, nous dégustons une glace au café de la Gloriette (le petit bar au fond du jardin.) après quoi une patissière chef fabriquera devant nous un énorme apfelstrudel...P5230293.JPG


Le repas du midi est pris au café Hawelka, suivi d' une promenade dans les parcs et à la Hofburg,mais pas de visite possible, Vladimir Poutine étant en visite officielle, comme le confirment les hélico qui tournent dans le ciel viennois toute la journée. P5230353.JPG
Après avoir admiré les principaux monuments et statues de la ville, nous passons un agréable moment au "café central" où règne une ambiance très particulière. P5230470.JPG
Ce café fut fréquenté par Monsieur Bronstein, alias Trotski et de nombreuses personnalités dont le poète Peter Altenberg, ce dernier , remplacé par son mannequin en bois, est  installé pour longtemps à sa place habituelle. Nous repassons à l'hôtel pour nous changer et filons en métro au Konzerthaus, Brigitte nous a pris des billets pour les soeurs Labèque. Ces deux soeurs, virtuoses du piano, interprètent Poulenc. C'est très beau, malheureusement, ces morceaux de bonheur sont un peu gâchés par d'interminables dialogues entre une immonde marionnette et son maître qui sont censés raconter l'histoire de Poulenc et des soeurs Labèque...Mais la musique et la salle étant sublimes, nous en garderons un bon souvenir. P5230503.JPG
Fin du concert : direction le quartier de Grünzing, où nous dégotons un "heurige"pour terminer la soirée. Repas typique avec violon et accordéon.


Jeudi 24 mai : 12 ème jour, Wien-Bratislava 86 km
Martine réédite son coup de Abwinden en réveillant tout le monde à 6h 20, mais aujourd'hui, ça ne compte pas, c'est trop facile, on dort tous dans la même chambre ! La journée commence par un trajet en métro...avec les sacoches. Il faut récupérer les tandems au cyber-café. A 9 H30 Luigi et Mémère Roberte sortent de leur antre après 1 jour et 2 nuits sans bouger...La fougue qui les anime nous emporte dans une mauvaise direction, c'est malin, nous devons faire demi-tour après 8 km sur la rive droite qui ne mène nulle-part. Nous traversons le fameux "prater", immense parc public, en empruntant la Hauptallee, belle avenue bordée de chataîgners sur 5 km. 

Nous longeons l'île Lobau, où l' Archiduc Charles( photo ci-dessous) 

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infligea à Napoléon, en 1809,  les revers  d' Aspern et Essling, avant la victoire de Wagram. C'est paraît-il à la suite de cette retraite que l'on a entendu parler pour la première fois, du Danube bleu. Des centaines de soldats de la Grande Armée en uniforme bleu, se débattaient dans les eaux du fleuve : les autrichiens criaient "le Danube est bleu". Cette page d' histoire est définitivement tournée, le site est aujourd'hui occupé par les naturistes qui, devant traverser la radweg pour se rendre aux toilettes, s'exposent au regard étonné des cyclistes...
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Après Schönau, la radweg est une ligne droite, rigoureusement droite, de 20 kilomètres  jusque Hainbourg, haut-lieu de la lutte contre les Turcs. En fin d'après-midi, nous entrons dans Bratislava où nous attend un appartement entièrement refait à neuf. Le propriétaire tient l'épicerie juste à côté. Nous faisons nos courses et dînons à l'appartement.
Demain pas de vélo.

Vendredi 25 mai : Bratislava

Une vieille dame à qui nous demandons quel tram prendre pour nous rendre dans le centre, nous invite à la suivre ( dans le tram)...Du coup, on n'a pas pris de billet. P5250626.jpg
En 10 mn, nous voilà dans le centre historique de Bratislava. Visite de la cathédrale St Martin, aux sculptures bizarres représentant des animaux : chat, rat, singe...P5250710.JPG
Visite  rapide du palais primatial où a été signée la paP5250593.JPGix de Presbourg, en décembre 1805, après la bataille d'Austerlitz. P5250658.JPGAu hasard des rues, on peut découvrir des canons de cette campagne P5250733.JPGet des statues dont une représente un soldat français coiffé du fameux chapeau de Napoléon. Assises sur le banc, ces 2 jeunes slovaques aux jambes interminables, sont des clones de la célèbre Adriana Karambeu, qui passerait totalement inaperçue chez elle à Bratislava.P5250763-copie-1.JPGP5250752.JPGAprès le repas, pris dans un des restaurants nombreux et pas chers, nous tentons la visite du château mais une délégation du parlement européen occupe les lieux, nous courons jusqu'à l'église franciscaine pour un concert "orgue et hautbois". Le soir, resto typique dans une cave voûtée, au frais...Spécialités du pays. Très bon. Pour rentrer, promenade digestive le long du Danube jusqu'à P5250782.JPGl'appartement.  
Demain nous entrerons en Hongrie. Vous pourrez voyager avec nous en lisant le 5ème et dernier épisode de " 2 tandems pour Budapest"

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Published by christian BACQUET - dans voyage
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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 17:36

Enfin l'Autriche...Dans cet épisode, vous vivrez avec nous la partie autrichienne, entre Passau et Vienne. Vous devrez avoir lu le 1er épisode, le 2ème épisode et le résumé du voyage

 Dimanche 20 mai, 8ème jour de voyage : de Passau à Abwinden 117 km

Nous empruntons la rive gauche jusque Schlögen, le temps de nous habituer aux nouvelles pancartes qui balisent la "radweg"autrichienne, puis gagnons l'autre rive par le bac pour admirer le fameux méandre du haut de la colline. Environ 2 km à 15% puis 1 km en forêt dont 500 mètres impraticables. Nous abandonnons les tandems à quelques dizaines de mètres du point de vue. Les difficultés de l'ascension sont récompensées par cette vue incroyable qui nous laisse sans voix. Ici le fleuve effectue un véritable 180° pour contourner la colline de Schlögen, offrant un spectacle saisissant.

Nous continuons ensuite sur la rive droite en direction de Linz. Aujourd'hui dimanche, la radweg est très fréquentée par des familles entières de cyclistes qui occupent toute la largeur de la voie, nous devons jouer de la sonnette pour nous frayer un passage. Vers midi, nous nous arrêtons pour nous restaurer dans un des nombreux cafés au bord de l'eau...Saucisses, bière. Puis nous reprenons la route vers Linz où nous arrivons vers 16 heures, emmenant dans notre sillage un Vététiste autrichien,  tout heureux d' arriver à Linz plus tôt que prévu...Visite rapide de la ville, la place, une église baroque, une pause bière dans un  "biergarten" ombragé. Nous quittons Linz par la rive gauche, étonnés de traverser un immense parc où fument déjà des centaines de barbecue. Comme il fait beau, des milliers de gens  sont rassemblés ici pour le pique-nique du dimanche soir, l'ambiance est à la fête, et nous , nous luttons contre le vent pour couvrir les 20 km qui nous séparent d' Abwinden où nous attend Stefanie Resanka.  Nous dînons dans le kiosque au milieu du jardin et passons une bonne soirée avec nos hôtes à discuter un peu en allemand, mais surtout en anglais. Stefanie nous demande si nous avons remarqué sa pub dans le guide "Donauradweg N°2" Frühstück bei Stefanie" clin d'oeil au film américain "frühstück bei tiffany" avec Audrey Hepburn...Sa déception est grande quand on lui avoue que non...

Lundi 21 mai  9ème jour du voyage : de Abwinden à Emmersdorf ( en face de Melk) 112 km

Après une bonne nuit et un réveil en avance d'une heure ( Martine sonne le clairon à 6 heures en criant :" il est 7 heures !!!) nous apprécions le "frühstück de Stefanie". Départ vers 9 heures en direction de St Florian, traversée du fleuve sur un barrage hydroélectrique et découverte d'un panneau inconnu en France : un cycliste marchant à côté de son vélo. p5210020-2.jpgL'abbaye de St Florian est magnifique, la perspective est harmonieuse sous tous les angles et l'intérieur baroque rivalise avec le monastère de Weltenburg. Anton Bruckner repose dans la crypte creusée juste sous l'orgue sur lequel il jouait.

Après St Florian, nous passons un moment sur la belle place d'Enns, la plus ancienne ville d'Autriche. Quelques cafouillages pour quitter Enns, et nous continuons sur la rive droite. Nous parcourons presque 20 km sans voir "notre fleuve" sur une belle route déserte et sinueuse mais toujours très bien balisée. Nous retrouvons le Danube  juste avant "Walsee" petit port de plaisance sympathique, à l'heure du déjeûner. Mais la pancarte indiquant le centre historique nous entraîne sur les hauteurs, nul besoin de tendre l'oreille pour entendre Brigitte confier à son pilote que " c'est pas une bonne idée ". Sur la place, un petit restau où sont déjà installés d'autres cyclistes, propose wurst au fromage et cidre de poire (le fameux "most") A 13 heures pile, les marteaux piqueurs nous chassent de la terrasse, nous terminons notre repas à l'intérieur. Puis après une nouvelle infidélité au Danube, nous le retrouvons 15 kilomètres plus loin pour le traverser à Tiefenbach, et retrouver la rive gauche à Grein : dans ce bourg se trouve le plus petit théâtre du monde, de style roccoco et qui mérite une visite. Des troupes d'artistes amateurs et professionnels s'y produisent depuis 1791. Les 50 derniers kilomètres de cette étape sont parcourus à un train très soutenu : nous apercevons l'Abbaye de Melk sur son promontoire à plus de 10 km. Nous fonçons droit vers elle, comme aimantés, à tel point que nous oublions de tourner pour rejoindre Emmersdorf. Nous nous sommes avancés au beau milieu d'une presqu'île. Heureusement, un cycliste autrichien nous voyant hésiter et devinant notre embarras, nous indique un chemin de terre sur la gauche en criant : "Emmersdorf !" ,  nous évitant ainsi un détour de 8 kilomètres. Cinq minutes plus tard, nous sirotons une bière sur la terrasse de la famille Franck, face à l'Abbaye de Melk...

 

 

 

Le soir nous descendons à pied dîner au "Heurige" à 200 mètres. Bon repas arrosé de Riesling de la wachau. Avant d'aller dormir, de notre balcon, nous contemplons longuement l'abbaye illuminée.

Mardi 22 mai  10ème jour du voyage : de Melk à Vienne 140 km

L'idée de quitter Emmersdorf sans visiter Melk nous contrarie un peu, alors nous prenons en sens inverse le raccourci indiqué hier et nous voilà bientôt devant l'Abbaye ! Depuis plus de mille ans, cette abbaye, construction baroque ( 1702-1736)  est un centre culturel et spirituel en Autriche, d'abord comme château fort de la famille Babenberg et, depuis 1089, comme abbaye bénédictine fondée par le margrave Léopold II. Nous ne nous attardons pas trop car Vienne est encore loin. La route de la Wachau serpente au milieu des vignes et traverse les beaux villages de  Spitz, Weissenkirchen, Dürnstein. C'est dans ce bourg que Richard "Coeur de Lion" ( Richard Löwenherz ) fut emprisonné à son retour de croisade et localisé par ses amis grâce à un chant traditionnel anglais.

 

Quelques photos du célèbre clocher bleu, et direction Krems : nous passons devant le musée de la caricature, franchissons la porte de ville et remontons à pied la rue principale, pas vraiment emballant, nous déjêunons en terrasse ( saucisses ) et reprenons la route vers Tulln, où nous photographions l'oeuvre de Michael Nogin, monument représentant la rencontre entre le roi des huns Etzel  et Krimhilde la burgonde, héros du chant des Nibelungen.

 

 

 

 

 

 

 

 

Juste à côté et du même artiste, une statue équestre de l'empereur romain Marc-Aurel intéresse particulièrement Philippe. Vienne n'est plus qu'à quelques kilomètres, je dispose le lecteur MP3 ainsi que les hauts parleurs de notre mini chaîne dans chacune de mes poches arrière de maillot, j'envoie les valses de strauss, et nous nous préparons à faire notre entrée dans la capitale autrichienne. J'ai réglé le volume au maximum mais il y a une telle circulation qu'on n'entend rien. Nous nous retrouvons bientôt au milieu d'un flot de voitures, camions et motos. Notre entrée dans Vienne au son des violons est ratée...Nous déplions le plan de la ville et ne comprenons pas comment on a fait pour perdre la piste cyclable : elle passe sous la route où l'on se trouve. Maintenant il va falloir ruser pour la retrouver et descendre les tandems le long du rail spécialement installé à cet effet. Près d'une heure pour rejoindre le "Ring" où nous sautons de théâtre en palais, de museum en Burggarten, le catalogue des monuments de Vienne est là sous nos yeux, ça promet pour demain. L'heure tourne, le ciel est noir, il va pleuvoir et nous cherchons toujours la Favoriten Strasse où nous avons réservé. Vers 19 heures, sous la pluie,  nous arrivons enfin devant l'immeuble Paula Hof, mais personne ne répond au coup de sonnette, le téléphone est sur répondeur. Que faire ? La pluie a cessé. J'entre dans la boutique qui fait l'angle pour demander de l'aide : ce commerçant va nous tirer d'affaire. N'ayant pas réussi à joindre notre loueur, il nous propose de garder nos tandems, et choisit le joker "coup de fil à un ami" . Ce dernier, chauffeur de  taxi  nous conduira à l'hôtel : pas d'autre choix ! Malheureusement le 1er hôtel est complet, le second aussi : au 3ème, l'hôtesse me dit que tous les hôtels sont complets dans un rayon de 70 km, Vladimir Putine est en visite officielle, accompagné de sa cour, et il y a un grand concert gratuit dans le parc de Schönbrunn après-demain. Il y a vraiment beaucoup de monde sur Vienne aujourd'hui...Nous demandons au taxi de se garer et nous commençons à chercher des adresses dans notre guide. Au même moment notre chauffeur nous demande si ça ne nous dérange pas de dormir à 4 dans la même chambre. Il venait de nous trouver un hôtel pas très loin du centre, en utilisant son carnet d'adresse personnel : ouf, sauvés !  Quelques minutes plus tard, après avoir traversé Vienne à cent à l'heure, nous nous installons pour 2 nuits à l'hôtel Stalehner.p5220233-1.jpg

 

 

 

 

 

 

Un restau genre heurige se trouve juste à côté, la galère est vite oubliée et nous passons une bonne soirée...

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le prochain épisode, vous découvrirez notre 1ère journée sans vélo, consacrée à la visite de Vienne, notre étape Vienne-Bratislava et la découverte de la capitale Slovaque...
4 ème épisode : cliquer ICI

 

 

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Published by christian BACQUET - dans voyage
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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 18:38

2 tandems pour Budapest, épisode N° 2

( déjà paru le résumé du voyage : De Mulhouse à Budapest en tandem et 2 tandems pour Budapest, épisode N° 1)

Jeudi 17 mai, 5ème jour de voyage

Etape : Höschtädt-Eining

Le petit-déjeûner particulièrement copieux et la mise en scène soignée (  nappe brodée recouverte de  fleurs coupées et de pétales, café, thé, petits pains frais, confitures maison, jus d'orange, oeufs à la coque, jambon, fromage, yaourts et fruits ) nous aident à supporter l'idée de démarrer la journée sous la pluie. Les adieux sont émouvants et après de longues embrassades, nous prenons naturellement le chemin de la gare, juste pour voir... Aujourd'hui, c'est l'ascension, jour férié, et les trains sont rares. Nous reprenons donc la Donauradweg en direction de  Donauwörth ( 30km ) revêtus de nos capes.

p5170360.jpgDonauwörth est une très belle ville, même sous la pluie : façades colorées, église baroque avec orgue et plafond recouvert de fresques magnifiques. Brigitte, à l'affut au pied de la statue de "onkel ludwig" a repéré le nid  d' une cigogne avec son cigogneau et patiente, immobile, pour faire "sa" photo...

 

 

 

 

 

 

                                                                                              à Donauwörth convoyeurs de tandems en tenue traditionnelle

 

 

Après cette visite, nous décidons de rouler au sec jusqu'à Ingolstadt, c'est-à-dire en train ( 60 kilomètres ) .

Un coup d'oeil à la porte de ville, aux très vieux et beaux canons exposés dans la cour du château, et nous nous retrouvons bientôt roulant dans le sable sous un ciel noir de nuages menaçants. Les tandems chargés s'enfoncent dans le sable détrempé, et la conduite est des plus hasardeuses. Pourtant, nous apprécions de rouler au plus près du grand fleuve qui nous offre, sous cette lumière bizarre, l'apparence d'un interminable ruban métallique. La piste est tracée tantot au sommet de la digue, tantot en contre-bas, et chaque fois que notre tandem surgit en partie haute, nous nous exclamons en choeur, toujours subjugués par ce fleuve majestueux.

La "radweg" après Ingolstadt

En retrouvant le bitume, nous constatons que les tandems ont changé de couleur, entièrement recouverts d'un crépis blanchâtre. Après Neuestadt, nous nous engageons en direction de Kelheim, mauvaise idée car Kelheim , que nous visiterons demain, est sur la rive gauche et nous avons réservé notre gîte à Eining qui est sur la rive droite. Luigi ayant pris un peu d'avance, nous déléguons un automobiliste allemand pour l'avertir et lui demander de faire demi-tour. Le soir, nous nous régalons de spécialités de la région  "Spargel" ( asperges )et dégustons une excellente bière locale, brassée à l'Abbaye de Weltenburg à 5 km. Nos deux gourmandes, Brigitte et Martine choisiront comme d'habitude le plus gros dessert.

Aujourd'hui, nous avons parcouru 90 km en tandem et 60 km en train.

 

 

 

 

 

Vendredi 18 mai

6ème jour de voyage

De Eining à Wörth : 77 km

Départ dans le brouillard pour l'Abbaye de Weltenburg. Nous nous attardons dans l'Eglise de cette Abbaye, une des plus belles du baroque tardif (1716-1718) décorée par les frères Asam, nous sommes éblouis par la statue de Saint-Georges terrassant le dragon.

Pour rejoindre Kelheim, nous avons pris l'option croisière et  franchissons le défilé creusé par le fleuve dans les collines de Franconie. Nous naviguons bientôt entre deux   falaises de 100 m de haut, en savourant notre dernière "brune de Weltenburg".

Après quelques minutes, nous découvrons au sommet de la colline l'imposant monument édifié par Louis 1er de Bavière, le  fameux "befreiungshalle" qui domine toute la vallée. Ce monument honore les armées de la coalition contre Napoléon, qui ont conduit aux défaites de 1813 et 1815. Le chiffre clé est le 18 ( et multiples): à l'extérieur, 54 colonnes et 18 statues. A l'intérieur, 18 noms de batailles que Napoléon a perdues ( ou pas franchement remportées) gravés sur des blasons de cuivre tenus par 36 anges de marbre. Cet ensemble, laid extérieurement est finalement assez harmonieux à l'intérieur. En tout cas, pour nous y rendre, il a fallu gravir une côte de 2 km à 15%.

Le colossal befreiungshalle

les statues de marbre représentent des anges tenant les trophées de Leipzig et Waterloo (entr'autres)

 

 

Nous avons prévu de prendre notre repas de midi dans le plus vieux restaurant d'Allemagne, sur les quais de Ratisbonne ( Regensburg) aussi nous quittons un moment la radweg pour filer direct vers Ratisbonne, 25 km d'une route à grande circulation avec de longues côtes. Bien sûr, si nous ne suivons pas les méandres, il faut bien enjamber la colline. Nous entrons dans Ratisbonne vers 13h, et Martine me signale être anormalement secouée à l'arrière : nous constatons une énorme hernie, qui nous oblige à traverser la ville au ralenti, à la recherche de "l'alte wurst küche". Une ambiance de kermesse règne sur la terrasse, les serveurs courent dans tous les sens avec leur plateau chargé de bière et de saucisses, traversant des nuages de fumée odorante. Il y a la queue, mais c'est pour la vente à emporter. En terrasse, 4 places se libèrent, on s'installe à l'ombre, les bières arrivent, puis les wurst, Brigitte savoure son Riesling, on est bien. Les tandems appuyés contre le mur du restaurant ont entièrement disparu derrière une haie d'admirateurs qui essaient de déchiffrer nos "plaques de cadre" sur lesquelles figurent les grandes lignes de notre périple. Les flashes crépitent, c'est la rançon du vedettariat pour Luigi et Mémère Roberte.

Après le repas, nous déambulons sur le fameux pont de pierre, classé au patrimoine mondial, et après quelques photos des vieux quartiers, nous emmenons mémère roberte chez le vélociste pour sa hernie. Le choix des pneus est limité : 23 ou 32 ? Sans hésitation, nous optons pour le 32.

Ratisbonne : le pont de pierre et la porte fortifiée.

A la sortie de Ratisbonne, nous nous offrons la montée au "Walhalla" monument de style grec, copie du parthénon dont l'intérieur rassemble une collection de bustes d'allemands illustres...La vue sur le Danube est imprenable, quelques photos et en route pour Wörth ou nous attend Frau Schmidtbauer.

Et avec quelle gentillesse ! A peine descendus du tandem, nous nous retrouvons au jardin avec "Hildegarde" autour du pot d'accueil. Puis notre hôte nous proposera de laver notre linge, nous conduira en voiture au restaurant et viendra nous rechercher après le repas. ( le centre du bourg n'est pourtant qu'à 1 km !) Le soir au restaurant ( cuisine familiale ) nous profitons de la répétition du Stadtkappel, dans une arrière salle. Que des cuivres, une batterie, une flûte et trois clarinettes, nous passons un bon moment...

 

 

 

 

 

 

Samedi 19 mai , 7ème jour de voyage

De Wörth à Passau (128 km )

Après le petit-déjeûner, nous parvenons à convaincre Hildegarde de poser avec nous pour la photo du départ. La radweg est lisse, le Danube est bleu, une belle journée s'annonce...Les kilomètres défilent malgré un léger vent de face. Les pancartes qui balisent la radweg sont très utiles car la route tourne sans cesse à droite à gauche. Nous arrivons bientôt à Deggendorf, pour le déjeûner : aujourd'hui, kebab, puis fraises achetées sur le marché et bière en terrasse sur la magnifique place ensoleillée. Après le repas nous reprenons la route en direction de Passau, la piste est parfois très étroite, jusqu'à ressembler à un sentier.

Puis c'est de nouveau le bitume. tout va bien, les 2 tandems roulent roue dans roue, Luigi précédant Mémère Roberte . Soudain, un insecte s' introduit dans mon casque, je l'ôte, le temps de me passer la main sur la tête, notre tandem percute Luigi qui vient de s'arrêter devant nous. Nous nous retrouvons Martine et moi tous deux à terre, heureusement, rien de cassé, quelques plaies au genou et au coude, le matériel semble intact.  Voilà, c'est fait, notre première chute de tandem, conséquence d'un malheureux concours de circonstances : au moment où je conduis d'une seule main, Brigitte demande un arrêt photo. D'habitude, elle crie "photo !" mais dans ce cas, le sujet étant une horde de lièvres, la demande devait être plus discrète... A Passau, "la ville aux 3 rivières", au confluent du Danube, de l'Inn et de l'Ilz, nous sommes émerveillés par la cathédrale St Etienne, la nef et les chapelles latérales comptent plus de 1000 statues. Mais le plus impressionnant est l'orgue, le plus grand au monde, avec 17388 tuyaux !

 

 

 

 

Nous devons encore rouler 5 km pour atteindre notre gîte, à Kellberg au Gasthof Kernmühle, nos chambres donnent directement sur le Danube, et la terrasse du restaurant, encore ensoleillée, nous accueille pour notre dernière soirée en Allemagne. Nous rangeons au fond des sacoches le guide "Donauradweg N° 1, de Donaueschingen à Passau". Nous sommes partis depuis  une semaine, nous avons parcouru exactement 742 km à vélo, dont 514 le long du Danube.( si on ajoute les 120 km en train, nous retrouvons en gros les 600 km correspondant au Danube allemand )...Le prochain épisode relatera la partie autrichienne, entre Passau et Vienne.
3ème épisode cliquerICI

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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 19:11

Une des grandes questions de notre voyage était : comment allons-nous nous rendre à Donaueschingen, là où le Danube prend sa source ?

Après avoir étudié les différentes possibilités, nous faire conduire en voiture, en louer une, prendre un avion, le train...le train ? Mais oui, le train ! Pourrons nous faire entrer nos tandems dans le train ? La SNCF nous assure qu'il n'y a pas de problème, la formule Train + Vélo est parfaitement rôdée, nous dit-on...Je regarde sur internet la faisabilité du voyage mais le nombre de changements m'effraie, 6 changements jusque Strasbourg, puis 2 autres avant d'arriver à Donaueschingen : je nous imagine mal voler d'un quai à l'autre en quelques minutes, avec tandems et sacoches. Je me renseigne à la gare d'Aix et lorsque je soumets mon projet à l'agent, ce dernier émet un  "hou la la !!!" en se grattant la tête...Ce qui signifie en langage courant : " mais Monsieur, vous n'y pensez-pas réellement ?"

Alors, nous avons choisi de jouer la sécurité en réservant 4 places dans le train Lyon - Mulhouse, sans changement. De là, nous sauterons sur les tandems et longerons le Rhin jusqu' à Schaffausen, obliquerons vers les sources du Danube pour prendre le départ "officiel" de notre raid sur la "Donau-Radweg". Je suis allé vérifier avec mon double mètre que le fourgon des vélos pouvait recevoir nos tandems. En effet, c'est bleu-si-po ( comme on dit à la SNCF)

Tout s'est passé comme prévu, ou à peu près. En arrivant sur le quai de "Part-Dieu", le dimanche 13 mai à 9heures, nous interrogeons un contrôleur : " Où se trouve le fourgon pour les vélos ? " Réponse du contrôleur, goguenard :" Ah oui, le fourgon ? Je ne sais pas s'il y en a un aujourd'hui, ils ne le mettent pas toujours.... Non, aujourd'hui, ils ne l'ont pas mis..."( et pourtant il s'agit bien d'un train pour vélos !) Alors il a fallu démonter les roues avant et dresser les tandems debout, en plein milieu du passage, obligeant les agents à condamner une des portes "voyageurs", devenue inaccessible...

 

A 14 heures, nous donnons les premiers coups de pédale devant la gare de Mulhouse, direction Bâle.

La traversée de Bâle est un peu difficile, nous ne sommes pas encore familiarisés avec les pistes cyclables suisses et leurs panneaux rouges. Après quelques minutes de cafouillage et d'hésitations nous trouvons le rythme et apprécions ces petites routes sauvages qui offrent de belles échappées sur le Rhin. Parfois la route se transforme en sentier très étroit et on se demande si nous sommes toujours sur la bonne route ? Mais très vite les petits logos rouges nous rassurent. Quelques passages en sous-bois très sombres puis de nouveau la lumière et la pancarte "Möhlin", c'est là que nous allons dormir, à la ferme Mahrer ( Schlaf im stroh ). Difficile à trouver, car nous ne sommes pas entrés dans le village du bon côté. Nous demandons à plusieurs personnes qui nous envoient dans des directions opposées, jusqu'à ce qu' une bonne âme sorte son VTT et nous emmène jusqu' à la ferme, après un parcours sinueux de 3 kilomètres. Encore merci. (Etape de 76 km)

Madame Mahrer nous fait visiter notre gîte et nous apporte des boissons fraîches. Après dîner ( saucisson, salade de pommes-de-terre ) nous nous étendons sur la paille et nous endormons aussitôt.

Que dire de ce style d'hébergement ? Très original comme concept, très confortable. A côté de nos litières se trouvent une salle de bain et des toilettes propres et modernes qui n'ont rien à voir avec une étable...Le lendemain au petit-déjeûner : tous les produits de la ferme, yogourt maison, confiture, beurre maison, idéal, avant une grande journée de vélo...

 

Si vous voulez tenter l'expérience, arrêtez-vous en voyant ce logo.

 

 

Lundi 14 mai : 2ème jour du voyage.

Ce soir nous dormirons près de la source du "Donau".

Le petit guide " la Suisse à vélo" nous permet de rouler tranquillement, en sécurité, le long de la route "Eurovelo 6" projet presque abouti d'une piste cyclable entre Nantes et la mer noire...Le midi nous pique-niquons sur l'herbe à Eglisau, avant de décider de couper au plus court vers Schaffausen pour admirer les chutes du Rhin. A l' entrée du bourg, Brigitte s'engouffre dans une supérette en train d'ouvrir, pour y échanger les 5 francs suisses qui lui brûlent les doigts contre 4 tablettes de chocolat...

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

 

 

 

 

 

La fin de parcours sera très dure, la piste présentant par endroits une pente pratiquement infranchissable pour des tandems chargés ( 18% ) nous avons raisonnablement mis pied à terre sur quelques centaines de mètres. A la sortie de ce secteur escarpé, nous devons lutter contre un vent très violent, puis des tornades de pluie et de grêle, avant d'entrer dans Donaueschingen vers 17 heures dans une quasi-obscurité. Nous nous réfugions sous un pont pour téléphoner à notre gîte, bonne nouvelle, on nous envoie quelqu'un...Mauvaise nouvelle, le gîte est à 7 km, la messagère esquisse un croquis pour nous guider, mais elle se trompe et nous envoie dans une mauvaise direction, les 7 kilomètres ont doublé et nous arrivons à la chambre vers 20 heures, après une dure étape de 152 km et 1675 m de dénivelé !!!

Vers 21 heures, après la douche, la patronne accepte de nous préparer une soupe ( Knorr sortie des sacoches de Luigi ) et de nous la servir à table, dans une vraie soupière, réconfortant...

Mardi 15 mai : notre descente du Danube commence aujourd'hui...

Mais avant, petite visite à la "Donauquelle" source officielle du grand fleuve, controversée par différents théoriciens qui trouvent crédible la formule : " Breg und Brigach bringen die Donau zu weg" littéralement : " La Brigach et la Breg mettent le Danube sur la voie" ou sous forme de dicton : "les petits ruisseaux font les grandes rivières."

Une statue de 1896 représente la déesse" Terre" tendant la main droite pour indiquer son chemin au tout jeune Danube...

La séance de photos est empreinte d'une solennité quasi-religieuse. Nous mesurons tous les 4 l'importance de ce premier rendez-vous...

 

 

 

 

 

 

A 10 heures nous nous présentons à l'entrée de la "Donau-Radweg", le courant passe, l'effet est immédiat, une affinité s'installe, c'est le bonheur...

La piste le long du jeune Danube est un peu fofolle, elle zigzague au milieu des champs et ressemble plus à une petite route de campagne qu'à une piste cyclable. Nous sympathisons avec un couple de séniors qui roulent à 17 km/h, et comme ils ne s'arrêtent jamais, ils se déplacent à la même moyenne que nous. Nous les doublons à 30 km/h et ils nous surprennent un peu plus loin, arrêtés, appareil photo en main...Nous nous quitterons à 16 heures devant leur hôtel, nous aurons à ce moment encore 40 km à parcourir. La radweg traverse des paysages sauvages. En voyant la croupe rouge de Luigi qui galope au loin, les musiques western résonnent dans ma tête, de "rio bravo" aux "7 mercenaires". J'espère seulement qu'on ne va pas tomber sur Géronimo embusqué à la sortie du canyon...

Une crevaison à l'arrière me sort de mon rêve , nous réparons et regagnons nos compagnons qui attendaient un peu plus loin.

 

 

 

 

 

 

L'église baroque de l' Abbaye de Beuron nous retient un moment avec son plafond finement décoré et son orgue éblouissant.

Puis nous serons bluffés par le château de Sigmaringen, résidence du Maréchal Pétain et de sa suite, en exil à la fin de la dernière guerre. Sigmaringen est aussi le rendez-vous des pêcheurs de la ligue du Danube dans "le pilote du Danube"ou"le beau danube jaune" de Jules Verne. Enfin nous visiterons la très belle ville de Riedlingen aux façades peintes, avant de nous installer chez la famille Weiss où nous avons réservé une cabane en bois très sympathique, au fond d'une prairie à la pelouse fraîchement tondue. Etape de 147 km pour 500 m de dénivelé. Le soir, au restaurant chinois ( les restaurants bavarois ferment tôt ) on mène la grande vie...

 

 

 

 

 

 

Mercredi 16 mai : 4ème jour

Nous décidons d'un commun accord de gagner Ulm par le train ( 67 km) les gros nuages menaçants y sont pour beaucoup dans ce choix, ainsi que l'excédent de kilomètres par rapport aux prévisions.

En Allemagne, pour prendre le train avec les vélos, c'est très simple, il suffit de se présenter sur le quai avec ses billets et de mettre son vélo dans le fourgon, qui est toujours présent.

Nous arrivons à Ulm vers 10 heures30 ce qui nous laisse le temps de faire le tour de la cathédrale ( la flèche la plus haute du monde avec 165 mètres) et de visiter le quartier des pêcheurs. Nous nous laissons guider par une habitante d'Ulm qui se déplace à bicyclette et a bien voulu nous consacrer une heure de son temps...Le Rathaus est célèbre pour ses façades qui retracent en peinture l' histoire de la ville.

Nous reprenons la route vers Höschstädt après nous être bien restaurés ( petit restaurant dont un des murs a conservé un boulet de la fameuse bataille de 1805 )



















A la sortie d'Ulm, le parcours est très varié, avec de nombreux passages en forêt, avant de traverser les très belles villes de Günzburg et Gundelfingen. p5160319.jpg

 

 

 

 

 

 Le beffroi de Günzburg

A Höschstädt, Calliopi Maier nous reçoit chaleureusement dans un grand appartement tout confort. Un bon plat de pâtes après la dégustation de 10 sortes de liqueurs de fruit concoctées par Calliopi en personne. Quelle bonne soirée ! Etape de 72 km ( + 67 en train )

 p5160346.jpg

 

                                                                                                                    Avec Calliopi Maier
voir le 2 ème épisode

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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 23:09

C'est fait, nous sommes rentrés un peu abasourdis de ce voyage au centre de l'Europe, le long de ce fleuve extraordinaire qu'est le Danube...Partis le 13 mai de Mulhouse, les deux tandems entraient dans Budapest 15 jours plus tard, le 28 mai. Encore sous le charme de la capitale hongroise, une bonne semaine a été nécessaire pour remettre nos idées en place, classer les photos et réaliser quel beau voyage nous avons fait. Les compteurs annoncent un périple de 1480 km, l'altimètre n'a pas beaucoup travaillé, pourtant, il nous a fallu grimper quelques "raidards" à 18% ( peu avant Donaueschingen notamment) et 15% pour admirer le méandre de Schlögen, en Autriche...Nous avons aussi fait appel au train pour éviter de rouler 2 jours entiers sous la pluie, à propos, notre investissement dans des capes cyclistes, baptisées par le fabricant "Ulm" et "München" n' a servi que les 2 premiers jours, la suite du voyage s'est déroulée sous un ciel bleu et un soleil de plomb.  Pour varier les plaisirs, nous nous sommes offerts une petite croisière de 8 km dans les gorges entre Weltenburg et Kelheim, testé un taxi viennois, apprécié le tramway de Bratislava et visité toutes les stations du métro de Budapest. Enfin la compagnie Sky europe a honoré son contrat, 100% satisfaits, y compris pour le transport des tandems. Nous avons dormi dans la paille, en chambre d'hôtes le plus souvent, à l'hôtel quelquefois et profité d'appartements confortables à Bratislava et Budapest. L'avantage d'une telle randonnée est que l'itinéraire est tout tracé et parfaitement fléché, il est impossible de se perdre, sauf dans les grandes villes ( Vienne, par exemple) Pour préparer et réaliser ce voyage, les guides de la "Donauradweg" sont indispensables, en premier lieu pour réserver le gîte : l'annuaire contenu à la  fin de chaque livre est très complet, il propose hôtels, pensions, camping et zimmer situés le long de la "piste", et partout nous avons trouvé  un accueil chaleureux.  La qualité de la "piste" est dans l'ensemble parfaite, même si en Allemagne nous avons emprunté environ 50 km de chemins de terre, parfois sablonneux, rarement herbeux, la palme revient sans conteste à la Slovaquie qui propose après Bratislava deux  routes bîtumées larges et lisses : la première sur la digue pour les rollers et l'autre, en contre-bas pour les cyclistes. Nous avons emprunté cette digue sur 30 kilomètres, longeant un bras du Danube très large à cet endroit. Les panneaux qui balisent la "radweg" nombreux et judicieusement placés en Allemagne et en Autriche, sont malheureusement absents ou cassés en Slovaquie...Maintenant, allez-voir la première tranche de photos, c'est dans l'album " Danube".

devant les chutes du Rhin- 14 mai après-midi

 

 p5150096-1.jpg

Source du Danube, Donaueschingen : 15 mai- 10 heures                       

     

Budapest : 28 mai après-midi


Lire le 1er épisode : cliquer ICI

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